Du gore pour le Gorezine.

« Platon’s monster killing itself ».

50 euros


Merci à Florence Andoka des Editions Furtives pour la publication de mon texte « Rage against the Machine ».
La création et la recherche de la sublimation des sentiments sombres et violents sont autant d’actes de résistance à ne pas laisser la souffrance et la haine de l’autre l’emporter sur l’amour.
#editionsfurtives#colère#violence#destruction#viol#meurtre#haine#rancœur
L’ouvrage de quelques pages coûte 3 euros et est disponible auprès de moi ou des Editions Furtives (https://editionsfurtives.wordpress.com/)

Le Fléau, 2018
Technique mixte 24×32
200 euros


Dans le cadre de l’Etrange festival samedi 15 septembre au soir au forum des Images à Paris, avec carte blanche à Pakito Bolino Mondo DC, il y aura- entre autre- la projection du dernier film d’animation du Dernier Cri, l’Ethique du souterrain de Francis Vadillo (sur Mattt Konture) et Undergronde de Francis Vadillo aussi et dans lequel tu pourras voir ma tronche et évidemment je ne dis que des trucs brillants.
Undegronde »  » De  Poitiers à Genève, Marseille ou Bruxelles, le cinéaste Francis Vadillo est allé à la rencontre des réseaux underground de la micro-édition et du fanzinat. À la fois un témoignage passionnant de l’underground culturel contemporain et un porte-étendard de ceux qui résistent face à une culture mainstream industrialisée et désincarnée. »

Nouvelle linogravure et réimpressions d’autres en limitées/numérotées/signées sur Fabriano 220gr coton.

Si l’une d’elles vous intéresse: sarahfisthole@gmail.com

(format gravure encrée A6)

(format gravure encrée A4)

Medusa, 2018

Stylo micron, 24×32cm

120 euros


Petits carnets de poche fait main (10×13,5cm) et micro (8,50×7,50cm), 40 pages, 80 gr, couverture papier japon.

4 et 2 euros (en festivals ou par correspondance +frais de port.
sarahfisthole@gmail.com

Le Spleen, 2018

Encre de chine, 24×2cm

120 euros


Rage against the machine

Une femme ça ne doit pas, ça ne doit pas ouvrir sa gueule. Une femme ça doit parler doucement, baisser le ton, ne pas se mettre en colère, ne pas être furieuse, avoir la voix trop grave, être trop grande, trop grosse, trop moche, sexy mais pas trop, rigoler trop fort, ne pas se taper sur la cuisse en se marrant, se raser les cheveux, se trouer soi-même la peau, sinon son corps ne sera plus assez pur pour le paradis. Une femme, une femme ça ne doit pas taper dans des trucs, donner des coups de pieds, pousser quelqu’un pour dire non, ça ne doit pas se rebeller, une femme ça ferme sa gueule. Ca doit avoir la bonne posture quand elle s’assoit, croiser les jambes élégamment, porter des jupes à la bonne longueur et cacher les peaux, les cheveux, les sourires, ça doit exister mais pas trop fort. Une femme, une fille, une gamine ça doit fermer sa gueule et arrêter de faire chier avec sa souffrance intérieure, ça doit fermer sa gueule à coups de poings, de coup de pieds dans la tête, de regards noirs-reste-à-ta-place-de-meuf.

Quand on lui écarte les cuisses de force pour la limer comme un connard. La violer, la déglinguer, ça doit raconter les choses d’une manière futiles et légères, ce n’est pas normal de dire les choses de manière violente, brutes, cash, obscènes. Ça bouffe de la violence et puis après ça doit être doux et tendre une femme; sourire, même si tu as du sang qui dégouline des dents. Le seul moment ou finalement tu peux gueuler, c’est quand tu accouches, ça c’est la bonne fonction, t’as le droit là, tu te fais déchirer la chatte pour de « bonnes raisons ». Alors tu as le droit de souffrir là, c’est donner la vie ça, on s’en fou si la vie on a voulu te l’enlever un million de fois avant que la graine elle prenne. C’est une bonne façon de revenir dans la vie, enfanter. Si tu veux revenir dans la vie d’une autre manière tu restes une pute, une pauvre meuf dont personne ne veut, une salope en puissance pour les femmes en couple en soirée ou dans les mariages. Le fameux sourire figé, le regard qui te juge parce-que tu rigoles (parce-que tu arrives encore à rire putain le prodige) et que malgré tout tu as réussi à ne pas détester tous les mecs et ton mec il est gentil avec moi, je suis polie, je fais la conversation, non je ne vais pas baiser ton mec dans les chiottes.

Et les connasses qui ne veulent pas d’enfant, parce-que elles refusent de fabriquer un être qu’on va fracasser à coup de tatanes dans la gueule, elles feraient mieux d’apprendre à être de vraies femme, en donnant la vie. Fermer sa gueule et verrouiller leurs corps, parce-que sinon le viol c’est ta faute, tu l’as cherché à tortiller du cul avec ton corps qui dépasse des tissus. C’est vrai qu’à 14 ans en jogging, fringuée comme un garçon tu le cherches vraiment. Ha oui mais non, tu marchais sur le trottoir aussi, tu l’a bien cherché. Une fille ça doit se contenter de refaire l’histoire avec son père qui ne voyait chez elle qu’une futur pute parce qu’il n’a pas eu les couilles de revoir son histoire, lâche il s’est laissé aspiré, parce-que c’est ça un vrai bonhomme et sa famille doit fermer sa gueule. Cette haine qui restera son truc à vie, alors rentre dans son idéal, ne remet rien en cause, inventer un autre passé.  Ce qui compte c’est qu’il est fier de toi maintenant, maintenant que tu t’es bien débrouillée seule, que tu as érré sur les routes et que tu en as bien chié. Qu’on t’as bien tabassé à l’extérieur ou à l’intérieur des maisons. Ça doit pardonner, ça doit être clémente et elle se démerde avec les dégâts intérieurs, elle doit fermer sa gueule quand elle est bourrée et que les trucs du fond du cœur cachés comme une bête dans une grotte ressortent n’importe comment, comme des bêtes affamées. Et tous les jours, 364 jours par an, tu fermes ta gueule, tu te démerdes.

Un mec ça peut dire n’importe quoi bourré, c’est cool Francis Bacon ivre à la télé, mais toi la fille, fait attention à ce que tu dis, tu n’as pas le privilège de la souffrance, ta gueule, à jeun ou bourré c’est pareil, garde ta place de meuf, élégante, romantique, discrète et sexy à la fois, juste soupirer, chouiner comme un enfant, ça c’est permis. Ça fait bander Lolita, bien sûr que les gamines de 14 ans ce sont de vraies cochonnes, arrêtons de nous mentir.

J’ai envie de vomir, de pleurer, de me détruire, de vous détruire. Vous bourrer de coups de poings dans la tronche, vous démonter comme des meubles à coups de haches. Avoir un sexe qui bande dur et vous retourner de force en vous tirant les cheveux, je veux vous voir crever, pleurer, avoir envie de mourir de solitude, personne ne veut entendre personne, reste à ta place connasse, reste à ta place, la place que la religion te donne, la société, le grand capital, donne ton ventre, fabrique des enfants en fermant ta gueule, des enfants qui consommeront, qui donneront leurs frics à leurs tours et qui iront chialer dans les chambres. Et les histoires d’amour foirées, parce-que tu ne sais pas comment ça marche ces conneries et qu’il faudrait que tu te débrouilles, que tu fasses tout pour que ça marche, sans qu’en face on te regarde ou on te pose les questions. Tout est de ta faute, toujours. Mais en fait c’est juste simple aussi, tu n’as qu’à chouiner, geindre, comme une vraie jeune femme romantique qui a souffert, mais pas trop, reste dans ton rôle de Cendrillon en détresse à la con. La souffrance ça doit être joli aussi, tu aurais mieux fait d’avoir maigri en souffrant plutôt que de grossir, parce-que c’est moche une grosse qui souffre. Forcément ça s’empiffre. Non, ton corps à un moment il prend ses propres décisions, il ne te demande pas ton avis, et les armures ne sont pas toujours en fer blanc. N’empêche que oui ce gros corps, il t’a bien sauvé des fois, pour ne pas se faire buter un soir de septembre.

Je voudrais être un monstre énorme, marcher sur les villes, donner des coups dans les immeubles, marcher sur les maisons, dans un hurlement immonde sorti des enfers, cracher du feu pour brûler votre société de merde mercantile, hypocrite.

Mais non, vous me direz, tout le monde est féministe, c’est mignon une jeune fille avec un tee-shirt acheté au supermarché du coin avec « je suis féministe » écrit dessus. On est tous pour la cause des femmes, tout va bien, on a tout compris, on est avec vous, ne vous inquiétez pas, les femmes c’est libres, le plan marketing est bien rodé, faisons du fric avec toutes ces connasses violées, vendues, écartelées, démembrées en série. Par contre dans le quotidien, la vie de tous les jours, les nuits où tu fais encore des cauchemars et que personne n’est là pour te donner un peu de cette vraie tendresse dont on aurait eu besoin pour pousser et se développer, savoir comment on aime vraiment, ce qu’est l’affection, la tendresse, être respecté en tant que corps contenant un être indépendant, un cerveau, des organes, une mécanique aussi rodé que les autres ; là, dans ce quotidien quand la mort rôde dans ta tête, continue de fermer ta gueule, ne nous dérange pas à être différente. Le pur produit de la violence, un monstre, une femme qui n’a eu que pour seul salut de prendre la virilité par les couilles.

Je suis un monstre, je suis puissante et fragile, je suis une femme et je suis encore là, personne ne me protège et je vous emmerde.

Les nuages. Les nuages épars dans le ciel. Tours à tours rassemblés en confusion, comme de gros corps entassés, sensuels, sexuels ou emprunt d’une solitude qui ressemble à la mienne. Chaque jour, je lève la tête, ou assise dans mon fauteuil, les moments de jours noirs, je les vois, je les contemple et je me souviens des ciels que j’ai contemplé aussi loin que je me souvienne. Je n’ai pas toujours les images concrètes qui défilent dans le film qu’est ma mémoire, pourtant, toutefois, je ressens cette vapeur qui se disperse et s’investie dans chacun de mes organes, dans une lente et permanente mouvance comme les jours de vent dans le ciel, dispersant le paysage là-haut. Le cosmos tout entier se dilate à l’intérieur et je ne sais plus où ranger à côté des poumons, du cœur, du plexus, au creux de mon utérus, toute cette force qui m’attaque avec bienveillance, comme une grand-mère qui vous attrape avec ses grosses mains calleuses à force de travaux, pour vous donner un gros baiser sur la joue.

Les nuages, les nuages, cette tendresse affichée dans le ciel, qui bouge doucement, ou avec force, pour préparer la pluie qui libère, les orages qui exorcisent et font enfin sortir la peine accumulée dans une rage profonde prête à tout détruire. J’ai souvent marché seule, je marche souvent seule. Je regarde, j’observe la vie à côté de moi, les enfants qui grandissent dans les ventres ou tenant la main des mamans, les gens qui déambulent avec ou sans but précis, qui errent, ensemble ou seuls, le visage grave ou avec un délicat sourire dessiné sur le visage (« qui ou quoi les rend aussi heureux et tranquilles ? »). Ils sont des cosmos aussi, des mondes qui bougent à l’intérieur des chairs, du sang, des os. Les trottoirs que j’avale avec mes pas, la Nature que je pars chercher en sautant dans un train, des gens qui parlent des langues qui me semblent des miracles indéchiffrables parce-que je ne connais pas les verbes. Les landes de béton, les esplanades de vert, les arbres comme des poteaux, les réverbères en forme de lianes, les forêts profondes où je voudrais me perdre définitivement. Etre avalée. Le ciel, les nuages, les oiseaux qui migrent ailleurs ; peut-être que eux, là haut ont vu la terre que je cherche, la terre qui serait la mienne.

Parfois le sol se dérobe sous mes pieds, je reste accroché aux bords, les yeux brouillés et la bouche ouverte, la tête en direction des nuages, du ciel, la nuit permanente qu’on appelle l’Espace. Car la force est accrochée là-haut, le ciel est celui qui nous tends une main invisible quand tout semble perdu.

Les nuages, des êtres géants qui passent et disparaissent déjà alors qu’un bruit me fait baisser la tête. A peine quittés, ils ne sont déjà plus là, plus les mêmes, juste une force, grosse, puissante qui m’écrase avec tendresse.

Je voudrais pouvoir grimper là-haut, me coucher prisonnière à l’intérieur. De la tendresse, du moelleux, des figures mouvantes et caressantes. Des ventres de cotons immatériels. C’est de l’eau, de la pression, des températures qui chutent, qui montent. Ils nous avertissent quand tout va changer, tout va se transformer. Ils annoncent les drames ou alors ils glissent avec élégances pour laisser les rayons chauffer mes os fatigués, grinçants comme du bois qui bouge sur le pont d’un bateau. Cette délicate musique  réconfortante, elle est dans le ciel. Je veux bien imaginer alors que les gens ont envie de croire que des dieux existent, parce-que le réconfort vient rarement des gens qui marchent comme moi sur les sols ou naviguent sur les eaux.

Les nuages, l’amour, les pertes, les combats, les larmes, les hurlements, les coups dans la gueule, la main qui se pose sur un bout de peau et qui pénètre jusqu’au cerveau que l’on appelle le Cœur.

Le champ de bataille est à l’intérieur, dans les terres qui n’en finissent pas de reculer, toujours chercher, regarder plus loin pour ne pas mourir et arriver à assumer la joie. Personne ne peut nous venir en aide à part nous, être en mouvement toujours, la seule stabilité que je connais est cette marche, le nez en l’air vers les nuages.

Baisser les yeux pour regarder ses pieds et éviter les trous, s’assurer qu’on ne marche pas sur les bords d’un volcan, ne pas basculer et tomber dedans. Lever la tête, les yeux dans le ciel pour continuer à garder l’énergie et la volonté d’aller jusqu’au bout. Au bout de quoi ? La désespérance de cette marche qui, un jour, ou une nuit, se terminera définitivement.

Continuer à rester en vie, parce-que les autres ne sont plus là, leur absence est diluée tout là-haut, parmi les nuages.

Le manque, la destruction des abîmes, sont autant de manifestations des volontés du corps vers les pulsations, les veines, les rigoles qui ressemblent à l’Absolu. Si je ne transforme pas ma vie en poème, alors la souffrance n’aura été que la manifestation d’une vie absurde et sans intérêt. Sublimer, c’est la seul façon de croire que quelqu’un m’aime, pour toujours et que je l’aime aussi, suffisamment pour rester ici, sur la terre.