Archives pour la catégorie «LES LETTRES QUI FORMENT DES MOTS. (TEXTES PERSO).»

La Branlette Pussy Cat.

La Grosse Branlette Pussy Cat.

La Grosse Branlette Pussy Cat elle fait chier.

Elle fait chier les « vilaines filles », oui elle fait chier les vilaines filles, parce que la Branlette Pussy Cat elle te fait chier parce que t’es un concept en fait, elle rêve de toi et quand elle te rencontre, elle t’emmerde.

La Branlette Pussy Cat elle aime les même trucs que toi, les films avec des dames méchantes et violentes qui font du karaté et mettent des grosses torgnoles à ceux qu’elle n’aime pas.

Elle a des gros nichons et des gros culs et elle gueule, elle vocifère, elle crie, elle te crache à la gueule, elle cogne sur des trucs et ta gueule y compris, si tu fais chier, avec la bouche ou les pieds ou les mains. Elle te met des pains comme disais ma tata Bruce Lee.

Des fois, elles sont méchantes entre elles, mais ça c’est pour faire plaisir aux mon-sieurs qui paient pour faire les films, ils aiment bien ça les filles qui se mettent sur la gueule et qui s’enferment dans des cages, pour faire l’amour après dans la douche des S.S psychopathes.

La Grosse Branlette Pussy Cat, aime bien les trucs où on s’attache, on se tire sur les tétons, on se met  de bonnes fessées en picolant du vin rouge. Ok on est d’accord. Sors ton putain de corps de son cocon capitaliste de merde.

« Han ouais Brigitte Fontaine elle est trop cool, elle est trop une artiste de folie, elle est folle, j’adore son univers de folle, elle est folle mais j’adooooore. Han oui Barbara, trop bien, elle est barrée tu vois.

On dirait Gorge Brassens en femme et en gothique, elle est trop dark avec les chansons qui parlent de la mort.

Ha ouais et les rebelles moi je kiffe, c’est trop bien l’underground, c’est trop fascinatoire tu vois, souvent ils parlent de gens fous tu vois, moi j’aime trop les rebelles, les anti-tout tu vois, ils sont fous mais ils vont au bout de leurs convictions tu vois….

Haaan ouais Betty Page elle est trop cooooool.

Haaaaan ouais j’adore les photos avec les femmes attachées et les mecs qu’on montent comme des chevaux et les japonaises qui font l’amour avec des poulpes»

La branlette Pussy Cat, elle vient te voir parce que tu as une frange, des tatouages, des trous partout et que les japonaises qui font l’amour avec des poulpes elle trouve ça abusé mais chacun son truc hein.

Elle a des trous dans l’âme aussi. Oui bah oui conard, les femmes, les vilaines filles, elles ont des trous comme les autres dans l’âme, elles ont une putain d’histoire souvent mais elles t’enculent, elle enculent tout le monde, parce que la liberté elles ne se formalisent pas de savoir si tu l’aimes, ou pas.

Brigitte Fontaine elle est trop cool et moi tu viens me péter les burnes rentrées en dedans mon ventre?

Oui la vilaine fille elle aime mettre son doigt, sa main, son poing, une bite en plastique dans tes fesses, mais c’est comme ça qu’elle te montre qu’elle t’aime et c’est comme ça qu’elle veut que tu l’aime. Elle te fait l’amour, seulement elle ne fait pas l’amour comme dans cette putain de mentalité patriarcale de merde où la fille qui garde ses chaussures elle dit « non » alors qu’elle pense « oui ».

La vilaine fille elle dit oui et elle te le fait cracher ton foutre et t’es gentil de lui dire merci et de ne pas la traiter de pute, parce que la pute c’est toi et tu le sais bien et c’est pour ça que tu es insupportable comme une grand-mère acariâtre.

Faut pas lui dire que tu l’aimes comme ça, violente, acerbe, chiante, sexuelle et après espérer que dans la vie de tout les jours elle t’écoute parler comme si tu savais tout et elle rien de tout.

T’es pas le seul à avoir lu des livres conard.

La vilaine fille justement parce qu’elle s’est pris des coups de gourdins dans le cul et la face même pas pubère, que très vite elle s’est mise à turbiner du ciboulot alors vient pas la ramener et pleurer et l’insulter parce qu’elle te regarde pas la bouche en cœur avec le mental en mode veille.

C’est quoi ton délire Branlette Pussy Cat ? Tu viens te faire secouer et après tu veux me sauver la vie ? Ha oui pardon, j’ai des problèmes avec mon mère, ma père, ma frère, mon sœur et les générations d’avant qui mangeaient des trucs trouvé sous la terre parce qu’au dessus rien ne poussait.Ha oui pardon, j’ai des problèmes parce que je suis comme tu es venu me chercher et maintenant tu veux me sauver, me faire comprendre des trucs que même toi tu n’as pas pigé, t’es plus malin que moi bien sûr. T’es plus malin, mais tu joue ta putain de comédie tous les jours, que tu te voile la face et tu chie à la gueule de celui à qui tu as enfin dit la vérité.

C’est connu, on tue en premier ceux qui vous aiment et vous comprennent.

Ouais j’ai des problèmes, mais je m’aime comme ça, toi tu as des problèmes, mais tu ne t’aimes pas comme ça. Toi aussi tu es violent, le monde est violent, alors pleure pas que quelqu’un te le rappelle dans ta gueule si tu lui parle pas poliment.

La Branlette Pussy Cat est une putain de bonne femme insupportable coincé dans un corps d’homme et elle te fait des crises parce que toi des fois tu te sens comme un routier à moustache.

Pétasse je vais te mettre la branlé et tu vas jouir.

Le scarabée aux antennes de cafards.

Tu sais.

Oui tu sais.

Cette échappée sévère et délicate, sans compromis aucun. La façon de s’en aller sans prévenir, même attablée avec les personnalités bruyantes et sourdes.

Tu chuchotes à ta propre oreille, la main voutée en dedans, les doigts recroquevillés, les lèvres proches à ton lobe, mouillées, qui susurrent les vaines illusions que tu construis au gré de tes fourbis et autres malversations de la vie quotidienne.

Tu empruntes le chemin sur la plage pour aller ramasser les coquillages tout chaud du soleil de ton existence parfaite et incroyable. Regarde, ils sont beaux, ne détournes pas ton regard.

Le sourire de toi à toi, les promesses en tenant ta main avec ton autre main, que tu te fais pour les heures à s’écouler, les jours qui s’enfilent, les années qui s’égrainent dans tes rides.

Les rythmes lunaires, les rites que tu inventes pour conjurer et provoquer tes propres drames, mais surtout tes proches opportunités que tu saisiras lorsqu’enfin tu te souviendras de cette conversation avec toi.

Le lait chaud que tu verses dans la tasse. Que tu es délicat, tu as ajouté du miel.

Sois gentil avec toi, pour changer, oui.

Lèves toi: la nuit a envoyé dans un long voyage de ténèbres.  Il subsiste une image qui revient dans les gestes du jour. J’ai vu cette bague et je me suis souvenue du scarabée à longues antennes de cafard qui grimpait le long du mur. Je l’ai attrapé.

L’ourlet de ma robe, que je frotte entre le pouce et l’index dans une infinie rêverie.

Alors je décolle, je ne touche plus terre, je n’entends plus ta voix. Je pars dans l’autre pièce, l’invisible.

Je ne suis plus qu’une ombre au soleil de midi, écrasée et tu ne le vois pas, elle est devant toi.

Aigue.

Je suis dans mon secret.

J’aimerais t’expliquer ce que je suis et ce que je vois, j’entends.

Non.

Les paroles briseraient l’enchantement de l’adultère à la réalité ; j’en ai fait l’expérience.

Je ne veux suivre que mon bel amant dont je ne sais rien, dont j’entends les promesses et qui  me transporte dans la chambre close, aux rideaux lourds de velours.

Donne moi une raison de ne pas me donner à lui, je n’en connais pas, car je sais qu’enfant, déjà,  il venait dans ma chambre, j’entendais ses pas sur la moquette lorsqu’il s’approchait de mon lit.

Mes cheveux qui ondulent sur le torse de celui avec qui je dors ne sont parfois que l’infime raccord avec le quotidien et la vérité crue du jour. Ma tête est vide, je suis partie.

Je suis l’entière vérité de mon propre absolu, je n’ai plus peur.

Il y a bien longtemps, la voix de ma mère me rassurait.

Maintenant que je suis vieille, je peux enfin entendre mon propre son de gorge, elle est dans la boite à musique. Le souffle vient directement du ventre, j’évite les voix de tête.

Je l’ouvre.

Mélodie.

Je crois que la vie c’est un petit pont.

Je crois que la vie … c’est juste un pont.

Oui, Je crois que la vie c’est juste un pont. Il y a comme un point de départ ce petit chemin que tu empruntes jusqu’à la rive où se tient ce tout petit pont bringuebalant, qui bouge, et où tu mets ton petit pied sur ton tout petit pont, qui bouge, de manière hésitante en te cramponnant au garde fou.
C’est drôle qu’au commencement tu puisses penser ta petite vie si importante, qu’au fond elle soit si simple, comme cette promesse lorsque tu es couché sur le ventre de ta maman. Ta SI gentille maman qui te caresse la tête avec TANT d’amour, même si après tu apprends qu’elle avait bien les boules que tu ne sois pas un garçon … enfin bon ce n’est pas si grave après tout si tu n’as pas de testicules, ça arrive n’est-ce pas, ce n’est pas grave, hein ?

Mais remontons sur le petit pont … ce si petit pont.
Ce petit pont c’est le point de rupture, l’abandon, les personnes qui vivent à tes côtés et qui deviennent juste des dos, des fesses et des cheveux hirsutes. Tu parles, mais y’a qu’une paire de fesses blanches qui ne te répond rien. Et si un visage revient dans ton champ de vision, c’est pour faire une grosse grimace, les yeux fulgurants de haine ou de total dépit.
Sur internet, j’ai lu qu’ils disent que les personnes qui deviennent autoritaires sont celles qui ont grandi avec un des parents dont l’un est autoritaire et l’autre passif. Moi je crois qu’il n’est pas nécessaire de lire Nietzsche à dix ans pour se rendre compte qu’on a plutôt envie d’être quelqu’un d’autoritaire pour ne pas se faire écraser la gueule. Parce qu’au début, t’es drôlement sympa et les autres te mettent la tête dans la flaque d’eau où tu fais des bulles à gros bouillon en espérant relever la tête pour pouvoir respirer. C’est bizarre, ça rend un peu schizophrène tout ça. Tu ne sais plus s’il faut être gentil ou pas.
Alors, tu deviens chienne de meute. Alors quoi, oui, tu deviens chienne de meute, avec ton sac à dos, tu prends ce petit pont de merde et tu y vas, vaille que vaille, coûte que coûte, comme une grande, comme une putain de star qui joue le rôle d’une putain de femme qui en a de grosses. Seulement tu ne te rends pas compte que tu es suivie, que tu es suivie par une petite fille qui elle, a peur et qui voudrait que tu te retournes de temps en temps pour la rassurer et l’encourager. Mais franchement, au milieu du pont, tu n’en as rien à foutre, tu n’es qu’une hyène : rien à foutre de cette petite fille, rien à foutre des enfants, tu les détestes avec leurs caprices et leur voix aigües.
Quand tu traverses ce petit pont de merde à la con, tu es presque sûre, même persuadée, que quelqu’un t’attend de l’autre côté, genre avec un truc à boire et des pistaches. Non. Non. Personne.
Non parce qu’à aucun moment, tu ne t’es retourné pour voir que la petite avait peur.
Tu as enfin traversé ton petit pont à la con, tu as posé le pied sur cette terre, ferme, dodue, verdoyante. Et puis vient la claque.
Cette salope de pourriture de gamine t’a suivie, et elle se gêne plus pour te dire ce qu’elle à dire même si tu ne veux pas l’entendre. Alors tu marches, tu cours, tu prends le premier chemin qui vient. Cette conne de gamine n’a plus peur, elle rugit, elle bave, ses dents poussent. Et la gamine abandonnée devient louve, chienne, hyène, louve, rage … sa gueule s’entrouvre.

En cherchant à lui échapper tu trébuches …
Tu trébuche sur les humiliations.
Tu trébuches sur les tiens qui t’abandonnent.
Tu trébuches sur ton corps qui t’a dégouté.
Tu trébuches sur les coups de poings que tu as pris dans la gueule.
Tu trébuches sur le mec qui t’a violé à 14 ans.
Tu trébuches sur les amis qui te trahissent.
Tu trébuches sur les boulots pourris que tu as faits pour rembourser des dettes qui n’en finissent plus.
Tu trébuches sur ceux que tu as aimé si fort qui vont vivre un jour sous la terre sans te dire au revoir.
Tu trébuches sur celui qui te dit qu’il t’aime et qui dit la même à d’autres.
Tu trébuches sur ta solitude à sept heures du matin dans le bus et à toutes les autres heures où tu t’abandonnes.
Tu voudrais juste dessiner, tenir tes engagements alors que cela même suppose la guerre avec ceux qui ne croient en rien, surtout pas en toi.

A genoux maintenant elle hurle, elle hurle et elle hurle encore … MAIS FERMES TA GUEULE !
Vas-tu te souvenir pour grandir ? Vas-tu oublier pour grandir ?
Alors, bon. On fait quoi, hein gamine ? On se relève et on continue ensemble ?

Parce qu’il n’est pas question de ne pas se relever après avoir chuter. Non.
Tu es souvent tombée fillette, mais tes écorchures ne t’ont jamais empêché de te relever !

Un jour quelqu’un tombera à l’autre bout de pont. Et ce jour là, la gamine et moi, on viendra.
On le ramassera. On TE ramassera.

Le jour où je suis devenue une femme.

Le jour où je suis devenue une femme.

Le jour où je suis devenue une femme, je ne m’y attendais pas, oui pas.

C’était drôle ho oui trop drôle. Dans les histoires on racontait bien que le jour où on devient une femme, on le devient avec un monsieur qui vous caresse la main et qui vous dit qu’il vous aime. Il a une cape et un cheval, et des cheveux jaunes dorés qui volent dans le soleil à chaque fois qu’il parle.

Il a une voix gentille, il ressemble presque à une fille, sauf qu’il n’est pas fait pareil dans son short.

Et si y’a une flaque il met sa cape dedans pour que tu marches dessus et tu laisse tomber ton mouchoir en faisant des yeux de biche et puis surtout y’a une jolie musique toute mignonne avec des oiseaux qui chantent dessus.

Ha oui et puis il te caresse le coude.

Mon prince à moi, il avait une bagnole blanche, un modèle tout moche qui ne prend pas de décision dans sa forme. Il avait aussi des yeux de chacal tout durs et des lèvres très rouges.

Plus tard j’ai lu dans Femme Actuelle qu’avoir des lèvres toute rouge ça voulait dit qu’on avait une mauvaise circulation sanguine. Ca doit être ça aussi les mains moites qui collent.

Je ne sais pas comment il s’appelle j’ai oublié, parce que mon prince il était nul en fait.

Mon prince il m’a ramassé sur la même route où la petite fille a disparue très longtemps après.

Le chemin de trottoir sur le bord de la route, où y’a un chemin encore qui part dans la campagne à droite.

La jolie campagne complice.

Je sais plus quel âge non plus j’avais, je ne sais pas, l’âge d’aller voir une copine à pied très loin dans un autre bled paumé dans la campagne. Je me souviens d’elle, elle avait des cheveux tout moches avec un bandana toujours et quand elle saignait elle saignait beaucoup.

C’est là que j’ai appris c’était quoi l’amour.

L’amour c’est quand le monsieur il t’appuie sur la tête pour que tu mettes sont machin un peu mou dans la bouche, un engin avec du plastique dessus. L’amour c’est quand le monsieur il te regarde de travers, avec un regard sombre tout noir. L’amour c’est quand il t’écarte les cuisses pour faire des bleus dessus et dedans les cuisses. L’amour c’est moite et dégueulasse comme un yahourt périmé.

L’amour c’est quand à la fin tu dis que tu n’aimes pas ça et qu’il te dérouille ta jambe avec sa jambe et puis l’amour c’est avoir une trouille pas possible des bagnoles blanches quand tu vas à l’école après. C’est marrant parce que j’ai une boule qui a poussé dans le ventre, je savais que sûrement elle partirait en ouvrant la bouche, mais c’était pas bien possible.

Je me souviens que dans les magazines on disait qu’on saignait beaucoup et qu’on avait mal.

Je sais pas, j’ai pas beaucoup saigné, ça ressemblait plus à de la merde qu’à du sang.

Comme les crevettes qu’on dissèque, c’est plein de merde dedans, j’avais que de la merde dedans.

Par contre c’est vrai que ça fait mal, ça fait mal des années après encore, tout le temps, surtout quand tu as un gros chagrin qui vient chercher ce que tu avais mis dans la petite boite spéciale de ton hippocampe. Après y’a des petits ouvriers des lobes qui on fait en sorte de bien faire en sorte que la boite était bien scellée. Mais des fois ces petits cons allaient boire des bières dans  le mauvais lobe et là c’est le bordel, je pleure et je suis en colère, je tape et je casse des trucs, comme mon visage.

C’est vrai que des fois je suis en colère.

Je suis en colère.

Parfois je suis pleine d’amour, je sais que j’en ai plein dans mon sac à dos, mais je sais pas, l’amour ça titille la souffrance aussi, du rose on vient au noir. Détruire tout détruire.

Le soleil n’aura existé qu’un temps.

Tu.

Tu sais comme c’est toi.

Hein.

Tu sais comme c’est toi, d’être enfermé dans la petite boite.

La petite tout petite boite noire, avec les membres imbriqués les uns contre les autres, tout pliés en dedans, avec les os qui craquent.

Tu sais comme c’est toi.

Hein.

Avec tes mots qui s’étranglent en corde autour de tes mots, avec toi qui tire encore plus fort et les phrases qui ne se forment plus, les sons qui s’abrègent.

Tu sais comme ça fait, c’est encore une rengaine, une histoire qui à débuté depuis la nuit, autour de la petite lueur de la bougie, où y’en a un qui a décidé que la grande histoire commencerait. Quand elle commencerait en engrossant la première femme, la première femme des femmes de ta famille.

La roue des transmissions, de l’héritage et de l’éducation.

Les uns assis à côté des autres sur les chaises raides à chercher un sourire pour faire la belle photo et raconter plus tard comme c’était bien tous ensemble. Avant, avant que tout se défragmente sous les coups des travers. Avant les disparitions, les déshonneurs et les viols des petites filles.

Tu sais comme c’est toi.

Hein.

Marcher au bord du bord, faire l’équilibre et trouver dans bouts de couleurs, de formes, de matières et de caresses des fois dans tes cheveux.

Le soleil qui s’ébroue dans tes dents et les soupirs de chaque fleurs qui comprend quand tu l’arrache que le beau tu aimerais bien le conserver et le faire durer, car à chaque respiration tu t’éloignes du vrai souvenir, celui qui n’existe toujours pas et que tu as voulu fabriquer de tes propres mains.

L’histoire est la somme des répétitions des événements concrets multiplié le nombre des individus, soustrait au prorata des chagrins.

Tu sais comme c’est.

Hein.

Toi.

Tu dors.

Toi mes entrailles.

Je t’écoute geindre et te plaindre, tu reste là assise et tu n’écoutes pas ce qu’on te dit.

Ha je vois bien, je vois bien ce que tu te dis. Les fantômes reviennent chaque nuit te rappeler combien tu as eu du plaisir à forniquer avec tes douloureux souvenirs et tu vois tu vois que ça n’a rien à voir avec les inspirations face au soleil.

TU te sens perturbé par les accointances de chaleur d’avec l’homme.

TU as pris ton bâton, ta houlette et tu es allé par de là les chemins pour te consoler.

TU te console, tu te console et tu pleure et tu geins, encore et encore.

Les grains de sable de la corde vocale restent coincés en travers de la gorge et c’est de l’eau qui sort.

Pourtant tu étouffe la tête dans la pierre.

Tu ne veux donc pas comprendre que tout cela est sur le point de se terminer.

Et alors ?

Les monstres dans ton fond de commerce et le sourire chaleureux à ta porte, tu ouvres et tu ferme.

Pantin absurde de tes propres systématismes ahurissants.

La bouillie de biscuit pleine dans ta tête.

LA vulve est ouverte et tes synapses sur-communiquent.

LA lave dans les ovaires et cela remonte par les veines et se déverse dans les encéphales ;

LA lave qui durcit par réaction avec l’air qui passe par les narines.

Ensuite ça redescend en paquets de merde et de sang, par les orifices. En cycle, toujours.

Alors maintenant, tu veux donc pas t’arrêter et penser de t’arrêter de penser ?

La névrose est l’ennemie de l’intellectualisme. Tes ovaires insultent l’expérience de ton apprentissage, de l’empirisme humanitaire que tu fais prévaloir dans tes discours.

Parce que sinon c’est bien simple je vais te tirer les cheveux et égorger tes craintes.

Fluctuation financière virtuelle.

Le sang s’est mélangé au pétrole, les cris ne demeurent plus que dans le grondement général.

Tout s’écroule, s’est effrité, se désespère, cassé, anéanti, une vague énorme, un tsunami intersidéral à tout balayé du revers de la main. L’argent, les trucs numériques que tu branches pour faire semblant d’avoir une vie intéressante, qui vaut bien plus que l’autre con qui crève la dalle. (Celui là même que tu vois avec ton numérique à la con).

Uniforme.

Uniformisé.

Tout est Uniformé. Un gros congloméra de merde, de violence, de méchanceté. La meute est lâchée, les uns sur les autres, les uns contre les autres. Mange le bras de ton voisin, sa dignité, broie donc lui les couilles à l’autre empaffé qui OSE ne pas être comme toi.

Y’a plus de pognon, tout à pris feu, les cannibales sont revenus. Arraché le cœur des pleureuses, les cadavres, les bombes, les choses sanguinolentes entassées les unes sur les autres.

Putréfaction.

Le pétrole est le fruit de putréfaction.

Et toi putréfié ? Tu seras transformé en quoi ? En rien, un souffle, un soubresaut, un petit doigt qui frémit, rien tu n’es rien, juste un abruti qui branche son truc numérique.

Si au moins tu pouvais te transformer en pétrolé tête de nœud, on le ferait.

Dans la fosse commune, putréfie-toi pour que ma grosse bagnole roule, allez !

La colère, le feu de Dieu. La destruction annoncée.

Une armée, des guerriers en costumes-cravates, à la tête de mort, les cavaliers du Capitalisme.

« Fluctuations financières virtuelles ».

Voilà de quoi ta vie dépend.

Comprend donc que toi, toi, on s’en fiche.

Sauf si t’as deux balles sur toi.

L’immigré.

Je voudrais raconter. Je voudrais rencontrer ton souvenir et ouvrir la bouche et savoir comment te raconter. Je voudrais ouvrir la main et en sortir au vent les mots qui ne sortent pas de la bouche sans faire couler de l’eau par les petits trous aux coins des yeux tout près du nez où on pose les lunettes. Je voudrais raconter l’Algérie et la terre qui te porte en elle, mais je ne connais pas cette dame et je ne sais pas à quoi ressemble ta nouvelle ta maison. Mais bon, il parait qu’en vérité tu n’y habites pas, tu es sorti de ton corps comme une plume et tu as volé en l’air. Ton corps il est resté seul et il disparait, il devient la terre sur laquelle je marche tous les jours. C’est dans les phrases que tu racontais sur ton tapis devant le frigo à l’heure du gouter. J’étais bien embêté, je devais attendre que tu ai fini de parler avec tes mots bizarres à ton tapis. Après c’était elle qui faisait pareil, c’était l’heure. Je ne comprenais pas que tu et elle, vous saviez l’heure, alors que si je regardais l’horloge, c’était jamais la même heure, à quelques minutes prêt. Mais juste que c’était la lune et le soleil et le nord et le sud qui indiquait l’heure. C’était comme être relié aux choses. Aussi raconter sans avoir la tête en vrac et le ventre qui se gonfle d’absence, parler de toi qui est parti de la terre (qui t’a récupérée maintenant), pour avoir un bout tout simple où vivre et faire pousser d’autres enfants, sans avoir à tuer d’autres gens pour ça. Les autres gens qui parlent à leur tapis dise qu’il ne faut pas être triste et parler avec des regrets, sinon tout le travail que tu as fait toutes ta vie pour voler au ciel à la fin, il est fichu. Mais j’avoue, j’avoue que je ne pose toujours pas les questions à ceux qui restent, je ne veux pas que ça ouvre un gouffre où je ne saurais pas me rattraper au bord. Je voudrais parler, parler, parler du jardin, des mûres, de la cascade, ta casquette, ton pull, ton portrait dessiné par mes mains à moi pour toi, les mains dans les poches, la dent en or qui brille, l’éclat de rire, les bruits de bouche, la lenteur, le silence, les yeux qui brillent, les glaïeuls, les colombes, le terrain de sable, ton front sans cheveux, la flûte qui couine, le couloir où je courrais à toi, l’école et toi qui me suit de loin pour savoir si personne m’embête, le journal que je te lis, le pain et pas la baguette, tes grosses mains gentils, ton couteau dans ta poche, les soupirs des fois devant la télé éteinte. Et puis je me souviens de toi, sur le balcon, j’ai compris que tu allais bientôt partir,  il y avait le nuage de la solitude tout autour de tes épaules.

J’ai rien dit, j’ai rien, j’ai rien dit.

Mais je voulais que tu saches que j’ai enfin fait comme tu as dit.

J’ai plus envie de mourir.

Je suis, jes uis, jesu is.

Je suis une bête, un monstre, une femme violente.

Je veux te taper, te  rudoyer, te démonter pour te démontrer, faire gicler ton rouge, prendre ta  tête et la taper contre le comptoir.

Parfois je suis là, j’ai l’air calme, je t’écoute parler, je fais comme si c’était bon, je suis quelqu’un de civilisé et puis en dedans, je pense que je pourrais me lever d’un bon, t’attraper par les cheveux et te tirer dans la forêt pour te défoncer la tête à coup de pierre.

Je serais une louve, une louve qui a faim. Je serais une louve, je marcherais dans la forêt et puis Là.

Je stopperais net.

Je te sens, je sens ton odeur.

Tu es là, tu flâne, tu marche dans la forêt.

Alors je serais en chasse. Je serais tapi, j’attendrais que tu arrive et Là.

Je te chope.

Je te chope et je te tue.

J’ai décidé que tu n’existerais plus demain, là, tout à l’heure.

Ha oui, c’est comme ça, je ressens ça quand j’ai un bonhomme entre les cuisses, parfois j’ai envie de serrer son cou entre mes cuisses dodues et de l’étrangler avec mes cuisse dodues.

Je te tue, et puis après je repars dans la forêt et je cherche un mâle pour me remplir le ventre.

Je me sens déesse, je détruis, je détruis, je pourrais créer mais Là.

J’ai envie de tout te détruire.

C’est sûrement pour ça que l’enfant ne pousserais pas dans mes entrailles fragiles en fait, je l’ai déjà détruis, il n’existera pas.

Et puis Je suis, jes uis, jesu is.

Je suis une femme douce, je comprends, je câline, je prends soin de, j’ai les cheveux doux, je souris en montrant mes gencives et en tournicotant mes cheveux. Je prépare des confitures, je t’écoute être malheureux. Je suis toute douce et toute douce. J’ai de la tendresse, de la paresse à penser à mal.

Mais étrangement, j’ai moins de mal à t’expliquer comment je te défoncerais la tête, que de te dire comment je t’aimerais.

Le gouffre.

Le Noir.

Au bout.

La lueur.

Je vivrais, tu vivras toute ta vie à marcher le long du tunnel sombre.

A la recherche de.

Interrupteur.

Martel en tête.

Martel

Martel en tête

Marteau pilon, martel en tête.

En tête, tout le temps, ça turbine, ça angoisse, ça stimule, ça donne des idées, ça fait peur, martel, martel en tête.Je me réveille, j’ouvre les yeux, déjà, martel en tête.Je me réveille, je tourne, me retourne, j’avais une chemise de nuit et je me réveille je suis nue, il s’est passé des choses, j’ai eu chaud, j’ai pas aimé le sommeil. Où est ce que je vais quand je dors ?Parce que martel, martel en tête.Je pense, je réfléchi, je triture, je divise, relie les bouts, des petits bouts de ficelles, que je lie les un au autres et puis je tranche, je reprend, je retriture.L’Art et puis la philosophie.Ha ! Non ! Pas ensemble, mais si c’est indissociable et puis non et si.Bon lève toi, je me lève.Bon prend le temps de t’éveiller doucement, mais j’ai déjà commencé.Martel, martel en tête.Les souvenirs, les constructions empiriques des choses, des événements passés, à venir.Martel, je prend un petit déjeuner, ça m’énerve, ça sert à rien, mais si ça sert à quelque chose, ça fait marcher le machine du corps, sinon tu es fatigué et puis tu fais rien après, tu es fatigué et puis tu martel, mais tu martel mal, tu martel de l’angoisse.Je vais me laver, j’aime l’eau, ça lave, ça lave le corps, la crasse, la transpiration, les fluides et puis la tête, parce que c’est agréable, c’est chaud.Je suis nue, je sors de ma douche je suis nue. J’aime ça,être nue, j’ai l’impression de vraiment être là, présente, j’ai une assise et si un homme était là, j’aurais juste à basculer et à écarter les jambes.Bon, je dois m’habiller, j’ai des choses à faire.Martel, martel en tête.Deux ans, ça fait deux ans qu’il est mort et puis pourtant des fois ça remonte jusque dans les yeux et ça coule et ça tire dedans le corps. Martel, ça martel. Bon alors pense à autre chose, dessiner un truc, dessiner un truc parce que ça me fait du bien, je suis plus là, j’ai pensé, j’ai eu une idée, il y avait ce garçon avec un ballon Mickey dans la rue hier, j’ai eu une idée je vais la dessiner.Tout est confus  si je m’arrête, si je m’arrête, il faut que je comble.Toujours cette impatience des choses du quotidien. Manger, laver, ranger, réparer, acheter, aller chez, penser à pendre du bon temps avec les gens souriants et gentils que tu aimes bien, parce qu’ils te sourient quand ils ouvrent la porte ou que toi tu ouvres la porte.La mort, les enfants, l’hymen brisé, les chants, la musique, Marcel Carné, l’amour infini, le dégoût, l’enfance, les petites cabanes, les mantes religieuses, l’étude des nus, les musées, les cigarettes, la nourriture, la sociabilité, le monsieur qui parle de lui parce qu’il est seul et qu’il en a besoin, écoute, écoute le, personne l’écoute c’est sûr, mais toi, toi on t’écoute, tu as de la chance alors écoute le.Les cafés, les gens qui marchent dans la rue, les tendresses, la détresse, les mains, les bruits, le béton, la fleur dans le vase, le soleil qui change ta vie, la tombe, l’Algérie, les enfants soldats, la misère, l’amour, les combats ordinaires, les interstices, l’histoire du pantalon, la voix, le soupir, le rire, l’angoisse, la peur, la gentillesse, les mots, les chiffres, les cheveux en chignon, les épaules de mon amie, le grand amour, la solitude, la peur, la joie, la confiance, les mésententes, la chaleur, les crevasse, les montagnes avec les moutons , les dames bien coiffées…