Archives pour la catégorie «LES LETTRES QUI FORMENT DES MOTS. (TEXTES PERSO).»

Le jour où je suis devenue une femme.

Le jour où je suis devenue une femme.

Le jour où je suis devenue une femme, je ne m’y attendais pas, oui pas.

C’était drôle ho oui trop drôle. Dans les histoires on racontait bien que le jour où on devient une femme, on le devient avec un monsieur qui vous caresse la main et qui vous dit qu’il vous aime. Il a une cape et un cheval, et des cheveux jaunes dorés qui volent dans le soleil à chaque fois qu’il parle.

Il a une voix gentille, il ressemble presque à une fille, sauf qu’il n’est pas fait pareil dans son short.

Et si y’a une flaque il met sa cape dedans pour que tu marches dessus et tu laisse tomber ton mouchoir en faisant des yeux de biche et puis surtout y’a une jolie musique toute mignonne avec des oiseaux qui chantent dessus.

Ha oui et puis il te caresse le coude.

Mon prince à moi, il avait une bagnole blanche, un modèle tout moche qui ne prend pas de décision dans sa forme. Il avait aussi des yeux de chacal tout durs et des lèvres très rouges.

Plus tard j’ai lu dans Femme Actuelle qu’avoir des lèvres toute rouge ça voulait dit qu’on avait une mauvaise circulation sanguine. Ca doit être ça aussi les mains moites qui collent.

Je ne sais pas comment il s’appelle j’ai oublié, parce que mon prince il était nul en fait.

Mon prince il m’a ramassé sur la même route où la petite fille a disparue très longtemps après.

Le chemin de trottoir sur le bord de la route, où y’a un chemin encore qui part dans la campagne à droite.

La jolie campagne complice.

Je sais plus quel âge non plus j’avais, je ne sais pas, l’âge d’aller voir une copine à pied très loin dans un autre bled paumé dans la campagne. Je me souviens d’elle, elle avait des cheveux tout moches avec un bandana toujours et quand elle saignait elle saignait beaucoup.

C’est là que j’ai appris c’était quoi l’amour.

L’amour c’est quand le monsieur il t’appuie sur la tête pour que tu mettes sont machin un peu mou dans la bouche, un engin avec du plastique dessus. L’amour c’est quand le monsieur il te regarde de travers, avec un regard sombre tout noir. L’amour c’est quand il t’écarte les cuisses pour faire des bleus dessus et dedans les cuisses. L’amour c’est moite et dégueulasse comme un yahourt périmé.

L’amour c’est quand à la fin tu dis que tu n’aimes pas ça et qu’il te dérouille ta jambe avec sa jambe et puis l’amour c’est avoir une trouille pas possible des bagnoles blanches quand tu vas à l’école après. C’est marrant parce que j’ai une boule qui a poussé dans le ventre, je savais que sûrement elle partirait en ouvrant la bouche, mais c’était pas bien possible.

Je me souviens que dans les magazines on disait qu’on saignait beaucoup et qu’on avait mal.

Je sais pas, j’ai pas beaucoup saigné, ça ressemblait plus à de la merde qu’à du sang.

Comme les crevettes qu’on dissèque, c’est plein de merde dedans, j’avais que de la merde dedans.

Par contre c’est vrai que ça fait mal, ça fait mal des années après encore, tout le temps, surtout quand tu as un gros chagrin qui vient chercher ce que tu avais mis dans la petite boite spéciale de ton hippocampe. Après y’a des petits ouvriers des lobes qui on fait en sorte de bien faire en sorte que la boite était bien scellée. Mais des fois ces petits cons allaient boire des bières dans  le mauvais lobe et là c’est le bordel, je pleure et je suis en colère, je tape et je casse des trucs, comme mon visage.

C’est vrai que des fois je suis en colère.

Je suis en colère.

Parfois je suis pleine d’amour, je sais que j’en ai plein dans mon sac à dos, mais je sais pas, l’amour ça titille la souffrance aussi, du rose on vient au noir. Détruire tout détruire.

Le soleil n’aura existé qu’un temps.

Tu.

Tu sais comme c’est toi.

Hein.

Tu sais comme c’est toi, d’être enfermé dans la petite boite.

La petite tout petite boite noire, avec les membres imbriqués les uns contre les autres, tout pliés en dedans, avec les os qui craquent.

Tu sais comme c’est toi.

Hein.

Avec tes mots qui s’étranglent en corde autour de tes mots, avec toi qui tire encore plus fort et les phrases qui ne se forment plus, les sons qui s’abrègent.

Tu sais comme ça fait, c’est encore une rengaine, une histoire qui à débuté depuis la nuit, autour de la petite lueur de la bougie, où y’en a un qui a décidé que la grande histoire commencerait. Quand elle commencerait en engrossant la première femme, la première femme des femmes de ta famille.

La roue des transmissions, de l’héritage et de l’éducation.

Les uns assis à côté des autres sur les chaises raides à chercher un sourire pour faire la belle photo et raconter plus tard comme c’était bien tous ensemble. Avant, avant que tout se défragmente sous les coups des travers. Avant les disparitions, les déshonneurs et les viols des petites filles.

Tu sais comme c’est toi.

Hein.

Marcher au bord du bord, faire l’équilibre et trouver dans bouts de couleurs, de formes, de matières et de caresses des fois dans tes cheveux.

Le soleil qui s’ébroue dans tes dents et les soupirs de chaque fleurs qui comprend quand tu l’arrache que le beau tu aimerais bien le conserver et le faire durer, car à chaque respiration tu t’éloignes du vrai souvenir, celui qui n’existe toujours pas et que tu as voulu fabriquer de tes propres mains.

L’histoire est la somme des répétitions des événements concrets multiplié le nombre des individus, soustrait au prorata des chagrins.

Tu sais comme c’est.

Hein.

Toi.

Tu dors.

Toi mes entrailles.

Je t’écoute geindre et te plaindre, tu reste là assise et tu n’écoutes pas ce qu’on te dit.

Ha je vois bien, je vois bien ce que tu te dis. Les fantômes reviennent chaque nuit te rappeler combien tu as eu du plaisir à forniquer avec tes douloureux souvenirs et tu vois tu vois que ça n’a rien à voir avec les inspirations face au soleil.

TU te sens perturbé par les accointances de chaleur d’avec l’homme.

TU as pris ton bâton, ta houlette et tu es allé par de là les chemins pour te consoler.

TU te console, tu te console et tu pleure et tu geins, encore et encore.

Les grains de sable de la corde vocale restent coincés en travers de la gorge et c’est de l’eau qui sort.

Pourtant tu étouffe la tête dans la pierre.

Tu ne veux donc pas comprendre que tout cela est sur le point de se terminer.

Et alors ?

Les monstres dans ton fond de commerce et le sourire chaleureux à ta porte, tu ouvres et tu ferme.

Pantin absurde de tes propres systématismes ahurissants.

La bouillie de biscuit pleine dans ta tête.

LA vulve est ouverte et tes synapses sur-communiquent.

LA lave dans les ovaires et cela remonte par les veines et se déverse dans les encéphales ;

LA lave qui durcit par réaction avec l’air qui passe par les narines.

Ensuite ça redescend en paquets de merde et de sang, par les orifices. En cycle, toujours.

Alors maintenant, tu veux donc pas t’arrêter et penser de t’arrêter de penser ?

La névrose est l’ennemie de l’intellectualisme. Tes ovaires insultent l’expérience de ton apprentissage, de l’empirisme humanitaire que tu fais prévaloir dans tes discours.

Parce que sinon c’est bien simple je vais te tirer les cheveux et égorger tes craintes.

Fluctuation financière virtuelle.

Le sang s’est mélangé au pétrole, les cris ne demeurent plus que dans le grondement général.

Tout s’écroule, s’est effrité, se désespère, cassé, anéanti, une vague énorme, un tsunami intersidéral à tout balayé du revers de la main. L’argent, les trucs numériques que tu branches pour faire semblant d’avoir une vie intéressante, qui vaut bien plus que l’autre con qui crève la dalle. (Celui là même que tu vois avec ton numérique à la con).

Uniforme.

Uniformisé.

Tout est Uniformé. Un gros congloméra de merde, de violence, de méchanceté. La meute est lâchée, les uns sur les autres, les uns contre les autres. Mange le bras de ton voisin, sa dignité, broie donc lui les couilles à l’autre empaffé qui OSE ne pas être comme toi.

Y’a plus de pognon, tout à pris feu, les cannibales sont revenus. Arraché le cœur des pleureuses, les cadavres, les bombes, les choses sanguinolentes entassées les unes sur les autres.

Putréfaction.

Le pétrole est le fruit de putréfaction.

Et toi putréfié ? Tu seras transformé en quoi ? En rien, un souffle, un soubresaut, un petit doigt qui frémit, rien tu n’es rien, juste un abruti qui branche son truc numérique.

Si au moins tu pouvais te transformer en pétrolé tête de nœud, on le ferait.

Dans la fosse commune, putréfie-toi pour que ma grosse bagnole roule, allez !

La colère, le feu de Dieu. La destruction annoncée.

Une armée, des guerriers en costumes-cravates, à la tête de mort, les cavaliers du Capitalisme.

« Fluctuations financières virtuelles ».

Voilà de quoi ta vie dépend.

Comprend donc que toi, toi, on s’en fiche.

Sauf si t’as deux balles sur toi.

L’immigré.

Je voudrais raconter. Je voudrais rencontrer ton souvenir et ouvrir la bouche et savoir comment te raconter. Je voudrais ouvrir la main et en sortir au vent les mots qui ne sortent pas de la bouche sans faire couler de l’eau par les petits trous aux coins des yeux tout près du nez où on pose les lunettes. Je voudrais raconter l’Algérie et la terre qui te porte en elle, mais je ne connais pas cette dame et je ne sais pas à quoi ressemble ta nouvelle ta maison. Mais bon, il parait qu’en vérité tu n’y habites pas, tu es sorti de ton corps comme une plume et tu as volé en l’air. Ton corps il est resté seul et il disparait, il devient la terre sur laquelle je marche tous les jours. C’est dans les phrases que tu racontais sur ton tapis devant le frigo à l’heure du gouter. J’étais bien embêté, je devais attendre que tu ai fini de parler avec tes mots bizarres à ton tapis. Après c’était elle qui faisait pareil, c’était l’heure. Je ne comprenais pas que tu et elle, vous saviez l’heure, alors que si je regardais l’horloge, c’était jamais la même heure, à quelques minutes prêt. Mais juste que c’était la lune et le soleil et le nord et le sud qui indiquait l’heure. C’était comme être relié aux choses. Aussi raconter sans avoir la tête en vrac et le ventre qui se gonfle d’absence, parler de toi qui est parti de la terre (qui t’a récupérée maintenant), pour avoir un bout tout simple où vivre et faire pousser d’autres enfants, sans avoir à tuer d’autres gens pour ça. Les autres gens qui parlent à leur tapis dise qu’il ne faut pas être triste et parler avec des regrets, sinon tout le travail que tu as fait toutes ta vie pour voler au ciel à la fin, il est fichu. Mais j’avoue, j’avoue que je ne pose toujours pas les questions à ceux qui restent, je ne veux pas que ça ouvre un gouffre où je ne saurais pas me rattraper au bord. Je voudrais parler, parler, parler du jardin, des mûres, de la cascade, ta casquette, ton pull, ton portrait dessiné par mes mains à moi pour toi, les mains dans les poches, la dent en or qui brille, l’éclat de rire, les bruits de bouche, la lenteur, le silence, les yeux qui brillent, les glaïeuls, les colombes, le terrain de sable, ton front sans cheveux, la flûte qui couine, le couloir où je courrais à toi, l’école et toi qui me suit de loin pour savoir si personne m’embête, le journal que je te lis, le pain et pas la baguette, tes grosses mains gentils, ton couteau dans ta poche, les soupirs des fois devant la télé éteinte. Et puis je me souviens de toi, sur le balcon, j’ai compris que tu allais bientôt partir,  il y avait le nuage de la solitude tout autour de tes épaules.

J’ai rien dit, j’ai rien, j’ai rien dit.

Mais je voulais que tu saches que j’ai enfin fait comme tu as dit.

J’ai plus envie de mourir.

Je suis, jes uis, jesu is.

Je suis une bête, un monstre, une femme violente.

Je veux te taper, te  rudoyer, te démonter pour te démontrer, faire gicler ton rouge, prendre ta  tête et la taper contre le comptoir.

Parfois je suis là, j’ai l’air calme, je t’écoute parler, je fais comme si c’était bon, je suis quelqu’un de civilisé et puis en dedans, je pense que je pourrais me lever d’un bon, t’attraper par les cheveux et te tirer dans la forêt pour te défoncer la tête à coup de pierre.

Je serais une louve, une louve qui a faim. Je serais une louve, je marcherais dans la forêt et puis Là.

Je stopperais net.

Je te sens, je sens ton odeur.

Tu es là, tu flâne, tu marche dans la forêt.

Alors je serais en chasse. Je serais tapi, j’attendrais que tu arrive et Là.

Je te chope.

Je te chope et je te tue.

J’ai décidé que tu n’existerais plus demain, là, tout à l’heure.

Ha oui, c’est comme ça, je ressens ça quand j’ai un bonhomme entre les cuisses, parfois j’ai envie de serrer son cou entre mes cuisses dodues et de l’étrangler avec mes cuisse dodues.

Je te tue, et puis après je repars dans la forêt et je cherche un mâle pour me remplir le ventre.

Je me sens déesse, je détruis, je détruis, je pourrais créer mais Là.

J’ai envie de tout te détruire.

C’est sûrement pour ça que l’enfant ne pousserais pas dans mes entrailles fragiles en fait, je l’ai déjà détruis, il n’existera pas.

Et puis Je suis, jes uis, jesu is.

Je suis une femme douce, je comprends, je câline, je prends soin de, j’ai les cheveux doux, je souris en montrant mes gencives et en tournicotant mes cheveux. Je prépare des confitures, je t’écoute être malheureux. Je suis toute douce et toute douce. J’ai de la tendresse, de la paresse à penser à mal.

Mais étrangement, j’ai moins de mal à t’expliquer comment je te défoncerais la tête, que de te dire comment je t’aimerais.

Le gouffre.

Le Noir.

Au bout.

La lueur.

Je vivrais, tu vivras toute ta vie à marcher le long du tunnel sombre.

A la recherche de.

Interrupteur.

Martel en tête.

Martel

Martel en tête

Marteau pilon, martel en tête.

En tête, tout le temps, ça turbine, ça angoisse, ça stimule, ça donne des idées, ça fait peur, martel, martel en tête.Je me réveille, j’ouvre les yeux, déjà, martel en tête.Je me réveille, je tourne, me retourne, j’avais une chemise de nuit et je me réveille je suis nue, il s’est passé des choses, j’ai eu chaud, j’ai pas aimé le sommeil. Où est ce que je vais quand je dors ?Parce que martel, martel en tête.Je pense, je réfléchi, je triture, je divise, relie les bouts, des petits bouts de ficelles, que je lie les un au autres et puis je tranche, je reprend, je retriture.L’Art et puis la philosophie.Ha ! Non ! Pas ensemble, mais si c’est indissociable et puis non et si.Bon lève toi, je me lève.Bon prend le temps de t’éveiller doucement, mais j’ai déjà commencé.Martel, martel en tête.Les souvenirs, les constructions empiriques des choses, des événements passés, à venir.Martel, je prend un petit déjeuner, ça m’énerve, ça sert à rien, mais si ça sert à quelque chose, ça fait marcher le machine du corps, sinon tu es fatigué et puis tu fais rien après, tu es fatigué et puis tu martel, mais tu martel mal, tu martel de l’angoisse.Je vais me laver, j’aime l’eau, ça lave, ça lave le corps, la crasse, la transpiration, les fluides et puis la tête, parce que c’est agréable, c’est chaud.Je suis nue, je sors de ma douche je suis nue. J’aime ça,être nue, j’ai l’impression de vraiment être là, présente, j’ai une assise et si un homme était là, j’aurais juste à basculer et à écarter les jambes.Bon, je dois m’habiller, j’ai des choses à faire.Martel, martel en tête.Deux ans, ça fait deux ans qu’il est mort et puis pourtant des fois ça remonte jusque dans les yeux et ça coule et ça tire dedans le corps. Martel, ça martel. Bon alors pense à autre chose, dessiner un truc, dessiner un truc parce que ça me fait du bien, je suis plus là, j’ai pensé, j’ai eu une idée, il y avait ce garçon avec un ballon Mickey dans la rue hier, j’ai eu une idée je vais la dessiner.Tout est confus  si je m’arrête, si je m’arrête, il faut que je comble.Toujours cette impatience des choses du quotidien. Manger, laver, ranger, réparer, acheter, aller chez, penser à pendre du bon temps avec les gens souriants et gentils que tu aimes bien, parce qu’ils te sourient quand ils ouvrent la porte ou que toi tu ouvres la porte.La mort, les enfants, l’hymen brisé, les chants, la musique, Marcel Carné, l’amour infini, le dégoût, l’enfance, les petites cabanes, les mantes religieuses, l’étude des nus, les musées, les cigarettes, la nourriture, la sociabilité, le monsieur qui parle de lui parce qu’il est seul et qu’il en a besoin, écoute, écoute le, personne l’écoute c’est sûr, mais toi, toi on t’écoute, tu as de la chance alors écoute le.Les cafés, les gens qui marchent dans la rue, les tendresses, la détresse, les mains, les bruits, le béton, la fleur dans le vase, le soleil qui change ta vie, la tombe, l’Algérie, les enfants soldats, la misère, l’amour, les combats ordinaires, les interstices, l’histoire du pantalon, la voix, le soupir, le rire, l’angoisse, la peur, la gentillesse, les mots, les chiffres, les cheveux en chignon, les épaules de mon amie, le grand amour, la solitude, la peur, la joie, la confiance, les mésententes, la chaleur, les crevasse, les montagnes avec les moutons , les dames bien coiffées…

Le tas de merde.

Ce petit con m’a bien parlé d’amour, de grande histoire d’amour.

Il a bien vu que j’avais envie d’amour, c’est un faim, feint, fin psychologue.

Ce petit con m’a bien fait l’amour et puis après il m’a fourré sa bite dans la bouche violement jusqu’à ce que j’ai des larmes qui coulent de la tête.

Ce petit con a été bien romantique, très gentil, affable avec ses yeux de cocker, il a fait des gestes mignons, comme ça j’étais tourné en arrière et il a pu me tirer les cheveux très forts.

Ce petit con buvait comme un trou (du cul) et disait oui, puis après non et puis oui mais non.

Bon.

Il corrigeait mes fautes d’orthographe pour ne pas écouter la phrase.

Ce petit con.

Qu’est ce que j’ai à dire de plus, je suis capable d’aimer, mais il ne faut plus aimer quelque chose qui n’existe pas, ce n’est pas comme les rêves, c’est agréable de rêver, c’est bien ça fait avancer.

Non, moi je parle des images brouillés, des cauchemars qui prennent formes, ceux qui ressemblent à un humain et puis c’est en fait un gros congloméra de merde qui sourit et qui dit des trucs puants, mais on ne sent rien, on voir rien, parce qu’on a pris des projections de merde dans les yeux à la clinique et qu’on a nagé dedans pendant 9 mois.

Il faudrait que j’arrête d’enlever ma culotte face au tas de merde.

Oui, parce que tout de même, le monde est grand, il pose des tas de questions, il est dur et fatal pour certains.

Y’a des gens, ils ne mangent pas, ils n’ont pas de maison, ils trainent là, comme ils peuvent pour avoir un petit bout de terre pour vivre peinard, tranquillement, sans être punit de pas être un gros actionnaire du pétrole ou du soja.

Moi je mange, je dors, des fois je baise.

J’ai de la chance, j’ai froid, je mets le chauffage.

J’ai faim, je vais dans la cuisine et je mange, je suis triste, je me change les idées en créant ou en regardant un joli film.

Alors gros tas de merde, ferme là.

D’ailleurs je ne te parle plus.

Maintenant.

Histoire de la folie à l’age classique, Michel Foucault.

Michel Foucault voit dans la fondation de l’Hôpital Général de Paris l’acte premier du ‘grand renfermement‘. A l’origine, les fous sont très minoritaires, la plupart des internés sont des mendiants, des libertins, des prostituées, des vénériens et des orphelins. Foucault tente d’établir un dialogue entre folie et raison et montre comment la société construit ses barrières.

La destruction est toujours à la limite du chemin.

Ha ! Mon amour, je t’aime.

Je t’aime.

Je t’aime et je voudrais te tuer pour ça.

Tu es si beau, je te regarde sous tes cheveux bruns avec tes yeux justes en dessous de la mèche qui tombe dessus.

Je te regarde.

Ta bouche glorieuse de nos baisers, qui se transforme en un sourire heureux.

Je te regarde, tendrement et je voudrais t’arracher les yeux.

Tes yeux qui touchent mes courbes et englobent le contour.

Je voudrais te tuer. Je voudrais te tuer parce que ton amour ressemble à celle que je ne suis plus depuis longtemps, celle là même que j’ai écrasé d’un coup de talon, réduit à rien que des souvenir sur lesquels je ris nerveusement.

Je ris après le carnage, débuté par d’autres et que j’ai repris en main.

Je me souviens de cette femme douce que j’ai égorgé par un matin d’automne, je ne lui ai pas laissé le temps de revoir un autre printemps.

Un jour je l’ai prise avec moi, je l’ai emmené par des chemins de traverses et j’ai trouvé le prétexte de vouloir lui montrer quelque chose de joli, qui réchauffe le cœur, quelque chose qui nous aurais rappelé le doux temps de l’enfance.

Et puis on est arrivé dans la clairière.

Elle cherchait bien du regard pour savoir ce qu’on était venu chercher.

Et puis, je suis arrivé par derrière, j’ai attrapé ses longs cheveux avec des perles dedans.

J’ai tiré sa tête en arrière, j’ai découvert son joli cou, là où le sang se promène.

Et j’ai tranché.

Bien sûr elle a rien compris, je l’ai tué.

Je l’ai laissé là, toute seule.

Toute seule.

J’ai pris toute ses affaires, j’ai habité chez elle, j’ai pris certains de ses amis, certains je leurs ai dit de partir.

Certains on comprit, d’autre pas, on se ressemblait tant avec elle.

Alors toi mon amour, toi je t’aime et je veux te tuer, parce que tu te souviens d’elle.

Tu te souviens d’elle, je sais bien dans tes yeux que tu la vois.

Je l’entends dans ta voix.

Je le sens dans tes deux mains.

Et puis ton sexe aussi, ton sexe est gentil avec le mien, il me fait jouir l’âme.

Et moi alors, qu’est ce que je peux faire à présent.

Je l’ai écrasé à coups de talons après l’avoir égorgé.

A présent qu’elle sort de terre.