J’avais écrit un petit texte de présentation de mon expo au Pavillons Sauvages, malheureusement il n’a pu être imprimé dans son intégralité (et j’ai oublié de le faire moi-même).

Je le publie donc ici sur mon beulogue.

Sous la Peau

(Poussent les montagnes).

Le corps. Le corps est là. Espace dans l’espace, paysage dans le paysage. Microcosme improbable et mouvant aux multiples formes, couleurs, épidermes, textures. Os qui se plient, ploient sous, se tordent entre-, se brisant parfois, chutes, coups reçus, disciplines. Se reconstruire, se ressouder, être un roseau parmi les roseaux, les pieds plantés dans la mare. La souffrance implantée et silencieuse, la joie perfusée en battements de cœur rapides, l’angoisse morbide derrière les dents en forme de sourires. Les images, les films, les sons, les protocoles créatifs, sublimer. Créer, résister.

La mécanique des fluides, la résilience, déterritorialiser, l’amertume et la joie, des nuages fuyant à l’intérieur des organes.

Le cerveau, temple des émotions, la machine, le grand ordinateur de chair, la nature connectée ici et là.

Les battements, expirer, inspirer, être un monstre généreux et paisible, calme comme une bombe avant l’implosion.

Corps allongé, assis, debout, déployé dans le cadre, urbain, naturel, minéral, dans l’eau, la tête tournée vers le ciel, la bouche ouverte, les yeux fermés.

D’abord toujours couchée, puis ramper, chercher à s’élever accrochée à des choses, s’asseoir, marcher à quatre pattes, se lever sur deux pieds et voici le voyage permanent, les contemplations qui arrivent, un monde dans un monde. Entrer dans la vie, accepter qu’à la fin ce soit la mort.

La vie intérieure, on ne soupçonne rien, on est dans la lune, les filaments poussent, l’organique, le lierre cérébral qui absorbe tout. Les landes, les rigoles, les chemins, les routes, les tempêtes, le calme au crépuscule, les montagnes qui poussent.

Sous l’épiderme, entre la chair et les os, le monde du dedans, l’Univers tout entier, les dimensions parallèles. Personne à l’extérieur de nous ne peut saisir.

Je me transforme, je suis l’autre, je suis, je ne suis pas, je suis un trou grouillant, une flaque dans laquelle nage un canard, je disparais, je me transforme, je saute sur mes pattes et je parcours les crêtes tout près du ciel où nagent mes chers disparus et ceux qui n’existent pas, ceux que l’on attend. L’Absolu.

Parfois, il est possible de disposer des images, des signes, des codes sur du papier, de la matière, pour que tu les voies. Je ne te demande pas de comprendre, ni d’aimer, je t’offre des bouts à voir, je suis vivante.

Peut-être que certains de ces sentiers intérieurs ressemblent aux tiens.

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