Les 5 et 6 mai, je serai à Gand pour le festival Les Voizines. J’y assurerai deux ateliers, un reliure et l’autre en linogravure.

Vous pouvez encore vous inscrire en écrivant ici: sarahfistholeworkshop@gmail.com

J’avais écrit un petit texte de présentation de mon expo au Pavillons Sauvages, malheureusement il n’a pu être imprimé dans son intégralité (et j’ai oublié de le faire moi-même).

Je le publie donc ici sur mon beulogue.

Sous la Peau

(Poussent les montagnes).

Le corps. Le corps est là. Espace dans l’espace, paysage dans le paysage. Microcosme improbable et mouvant aux multiples formes, couleurs, épidermes, textures. Os qui se plient, ploient sous, se tordent entre-, se brisant parfois, chutes, coups reçus, disciplines. Se reconstruire, se ressouder, être un roseau parmi les roseaux, les pieds plantés dans la mare. La souffrance implantée et silencieuse, la joie perfusée en battements de cœur rapides, l’angoisse morbide derrière les dents en forme de sourires. Les images, les films, les sons, les protocoles créatifs, sublimer. Créer, résister.

La mécanique des fluides, la résilience, déterritorialiser, l’amertume et la joie, des nuages fuyant à l’intérieur des organes.

Le cerveau, temple des émotions, la machine, le grand ordinateur de chair, la nature connectée ici et là.

Les battements, expirer, inspirer, être un monstre généreux et paisible, calme comme une bombe avant l’implosion.

Corps allongé, assis, debout, déployé dans le cadre, urbain, naturel, minéral, dans l’eau, la tête tournée vers le ciel, la bouche ouverte, les yeux fermés.

D’abord toujours couchée, puis ramper, chercher à s’élever accrochée à des choses, s’asseoir, marcher à quatre pattes, se lever sur deux pieds et voici le voyage permanent, les contemplations qui arrivent, un monde dans un monde. Entrer dans la vie, accepter qu’à la fin ce soit la mort.

La vie intérieure, on ne soupçonne rien, on est dans la lune, les filaments poussent, l’organique, le lierre cérébral qui absorbe tout. Les landes, les rigoles, les chemins, les routes, les tempêtes, le calme au crépuscule, les montagnes qui poussent.

Sous l’épiderme, entre la chair et les os, le monde du dedans, l’Univers tout entier, les dimensions parallèles. Personne à l’extérieur de nous ne peut saisir.

Je me transforme, je suis l’autre, je suis, je ne suis pas, je suis un trou grouillant, une flaque dans laquelle nage un canard, je disparais, je me transforme, je saute sur mes pattes et je parcours les crêtes tout près du ciel où nagent mes chers disparus et ceux qui n’existent pas, ceux que l’on attend. L’Absolu.

Parfois, il est possible de disposer des images, des signes, des codes sur du papier, de la matière, pour que tu les voies. Je ne te demande pas de comprendre, ni d’aimer, je t’offre des bouts à voir, je suis vivante.

Peut-être que certains de ces sentiers intérieurs ressemblent aux tiens.

Maintenant que la gueule de bois est un peu résorbée et qu’on a un peu trainé en short, la suite des festivités débute avec l’installation cet aprem des stands pour festocher ce week-end. J’y serai avec bouquins auto-édités et quelques bricoles comme des gravures.

Un grand merci pour ce chouette vernissage (avec jour de retard pour gueule de bois et repos), aux Pavillons Sauvages pour leur accueil et la grande liberté offerte pour mon expo visible jusqu’au 29 avril 2018.
A Nadia, Marlène, Anais, Julien pour la logistique, l’aide, la gentillesse et Indélébile pour l’invitation.
Aux gens qui sont passé, les fidèles, les badauds de la première fois, les curieux, les gens avec des supers cheveux bouclés et aussi le soleil.

n grand merci pour ce chouette vernissage (avec jour de retard pour gueule de bois et repos), aux Pavillons Sauvages pour leur accueil et la grande liberté offerte pour mon expo visible jusqu’au 29 avril 2018.A Nadia, Marlène, Anais, Julien pour la logistique, l’aide, la gentillesse et Indélébile pour l’invitation.Aux gens qui sont passé, les fidèles, les badauds de la première fois, les curieux, les gens avec des supers cheveux bouclés et aussi le soleil.

Des fois.

Parfois je me sens bien, parfois je me sens mal. Parfois je me sens bien.

Je ris, je souris, je montre mes dents, j’éclate de vie, je plisse les yeux de joie, je suis en bonne compagnie, je marche dans la rue, je vois les choses pleines et belles. Je suis sur les hauteurs, dans le quartier, je contemple, je suis contente, je suis heureuse, je me sens belle, je trouve que mes cheveux sentent bon. Je jouis dans les bras d’un homme, je partage le repas avec mon amie qui ressemble à une fleur.

Parfois je me sens bien, j’ai le corps souple et endurant, alerte, presque sautillant, bondissant, je vais, je viens, je monte les escaliers, je respire, j’aspire, j’inspire, tranquillement, apaisée, je ne crains aucun espace, aucune possibilité temporelle. J’ai envie d’être là, ouverte et magnifique, je me pomponne, je me caresse les cheveux, je suis une chatte malicieuse.

Parfois je me sens bien.

Parfois je me sens mal.

J’ai le squelette qui me fait mal. Je me souviens de lui qui me tord, me prend les cheveux pour cogner ma tête contre la porte, de moi couché par terre et lui qui me donne des coups de pieds. Les mensonges qui s’accumulent dans ma besace, la tromperie, la confiance qui éclate sous les chaussures, la détresse recroquevillée dans un coin de la pièce. Je m’en souviens, mon corps s’en souvient, j’ai mal, ça prend comme ça, comme un gémissement, un hurlement interne et secret.

Parfois je me sens mal, écrasée, tuméfiée du dedans, je suis morte trois fois j’ai compté, je suis là, parfois je me sens bien, parfois je me sens mal. Je suis revenue, à chaque fois, comme un zombie. Moi aussi des fois je mange les gens. Je préfère manger qu’être mangé. Je reste là assise dans le noir, j’attends que quelqu’un passe et je lui mort la cuisse, le cœur, l’envie de moi. Parfois je me sens bien, je me sens mal, je ne sais plus, ça ne sort pas, je suis prostrée, coincée, bouleversée, ça tape, ça cogne en dedans, la petite fille en dedans ne peut pas sortir, je ne la laisserais pas faire. Elle a aucune idée de ce que c’est, je n’ai pas su la protéger, je n’ai pas su la protéger, je n’ai pas su faire attention pour elle. C’est dégueulasse l’enfance, la vie, les pertes, celui qui est mort, qui ne reviendra jamais, j’aimerais tant lui dire que des fois je vais bien. Je sors de moi, je ne ressens plus rien, je suis gêné, l’autre ne m’atteint plus, je suis froide comme un cadavre, rigide, les yeux tourné en dedans. Je trouve tout le monde moche,  grimace, dégueulasse, la cours des miracles, un tas de corps jetés les uns sur les autres avec leurs portable dans la main à s’inventer une vie super.

Parfois je vais mal, parfois je vais bien.

Les gens, les gens pensent  savoir que quand on sourit c’est qu’on va bien. Les gens, les gens pensent que quand ton sourire est inversé, tu vas mal. Les gens, les gens ne savent pas que certains autres gens sont de bons comédiens, qu’on a eu de très bon professeurs géniteurs, qu’on sait très bien cacher les émotions, le Tanathos, le bordel interne, la rage qui te bouffe jusqu’à te sucer les côtes. Les gens aussi ne savent pas, qu’on change aussi avec le temps, qu’on change toute la journée et que parfois on prend toute la distance nécessaire pour arriver à revenir dans la vie, qu’on sort de notre cachette parce qu’il faut bien, ou alors on choisit de mourir pour de bon.

On aimerait bien que personne ne ressente ça, ce truc dément, sidérant, la solitude qui t’écrase sous son poids pendant qu’elle t’étrangle, elle te prendra le peu qui te reste. Ta dignité, ton courage, l’envie de continuer à aimer l’autre, elle te prendra tout, avec sa copine souffrance, elle fera en sorte que tu choisisses mal, c’est devenu trop insoutenable. Trop tout. L’abandon constant, l’autre qui te laisse tomber, volontairement ou maladroitement.

Tout ça tu le sais, tu le sais tout ça, des fois tu vas bien, des fois tu vas mal.

Des fois tu vas mal, des fois tu vas bien.

Des fois tu vas bien, des fois tu vas mal.

Des fois quand tu vas mal, souviens toi que des fois tu vas bien. Un jour dans la tombe tu ne ressentiras plus rien.

Des fois tu vas mal, des fois tu vas bien.

Tu es vivant.

Expositions//exhibitions

Je suis joie, je suis honorée, j’ai 3 gravures exposées dans le New-Jersey à Jersey City-USA ce mois de mars 2018.
Merci à Bruno Nadalin pour cette superbe invitation.

I am joy, I am honored, I have 3 engravings exhibited in New Jersey in Jersey City this March 2018.
Thanks to Bruno Nadalin for this wonderful invitation.

EXPOSITION
DU 23 JANVIER AU 25 FÉVRIER
Gratuit – Visible pendant les horaires d’ouverture du Jardin Moderne

Cette exposition s’inscrit dans une volonté de célébrer le centenaire de la naissance du mouvement dada. C’est l’occasion pour Micr0lab de remettre sa pratique contemporaine, souvent rigolarde et punk, dans une perspective historique. L’objectif ici n’est pas de se la raconter, mais bien de rendre honneur aux aînés, à ces punks de l’époque qui voulaient tout casser pour revenir de plus belle. Fondé en 2010, ce collectif pluridisciplinaire composé d’artistes associés autour de la création, de la diffusion et du partage, est aujourd’hui un réseau qui revendique une ouverture élargie aux différents moyens d’expression. À l’image de cette folle équipée, l’exposition présentera une multiplicité de formes tant sur les thèmes abordés (surréalisme, le corps, l’humour, le détournement, l’histoire…) que sur les techniques utilisées (dessin, gravure, sérigraphie, lithographie…).

Exposition aux USA

Je suis joie, je suis honorée, j’ai 3 gravures exposées dans le New-Jersey à Jersey City-USA ce mois de mars 2018.
Merci à Bruno Nadalin pour cette superbe invitation.

I am joy, I am honored, I have 3 engravings exhibited in New Jersey in Jersey City this March 2018.
Thanks to Bruno Nadalin for this wonderful invitation.

PERVERS NARCISEX

PERVERS NARCISEX

En février, à Paris, pendant les jours de neige, avec Vincent Pernollet- aka Theo Vonwood on a fait du sexe à fond, en buvant des bières et en écoutant du rock n’ roll. Et au final on a eu un môme.
Ce môme on l’a appelé PERVERS NARCISEX.
PERVERS NARCISEX fait 12 pages (format A5), il alterne planches de bd informelles et illustrations. On a laissé faire, sans limites, ni tabous, à 4 mains. Sur le principe du cadavre exquis mais sans rien se cacher, nos traits se mêlent et s’entre-mêlent.
Il est limité à 50 exemplaires/numérotés, relié mains/couture rose glam et surtout il a une super couverture en lino (2 modèles Noir/Gris et Noir/Blanc) en mode Zine Freestyle old-school.
Hmmm, quelle sensualité au touché.

Il coûte 6 euros+frais de ports d’amour et de perversion, il est disponible par correspondance auprès de Sarah Fisthole (sarahfisthole@gmail.com)ou bien vous aurez le bonheur de le trouver prochainement en distro ou festoche (Indélébile-Toulouse, Les Voizines-Gand, Petit Petit Salon-Clermont-Ferrand).

Orange Errance

Pour Epox Botox, Orange Errance, sortie ce printemps.

Joie et allégresse d’être dans le coffret A l’Arrache de Marc Brunier Mestas (Rioms)