Chauve souris

Tout est bloqué, carotide gelée, rien rien rien, rien ne fonctionne perpétuellement. Juste par à coups, courant alternatif. Je reviens en aparté et puis un matin, c’est cassé ça débloque, je ne sais plus où est le bon mur où je suis censé me cogner. Je sors dans la rue, je tourne en rond dans le pâté de maison, moi-même je sens le pâté, y’a rien qui est digeste, tout est dégueulasse, je voudrais manger des trucs en cartons, des trucs sans goût, remplir le ventre de rien et puis tout vomir en papier mâché, et puis avec le papier vomimaché je construirais un grand château, j’aurais creusé des douves, c’est joli les tranchés, les armés en creusent toujours, et un pont levis, que je laisserais ouvert de temps en temps et puis je monterais dedans mon château, y’aurait des tourelles et puis je laisserais pousser mes cheveux pour les laisser traîner dehors que quelqu’un grimpe un jour à mon secours.

Mais non, bon, je sais qu’au final je le rejetterais par la fenêtre, il faudrait qu’il monte juste les escaliers doucement et qu’il demande à chaque étages s’il peut en monter un nouveau. Je dirais « oui d’accord, mais pas trop vite je suis émotive».

Le brusque et l’inattendu c’est romantique dans les livres, dans la vraie vie on a des emplois du temps qu’il ne faut pas déstabiliser sinon on fini au chômage ou avec la diarrhée.

Elle est gentille cette petite, elle a de beaux cheveux, mais seulement en extérieur. Dedans la maison c’est une sorcière, elle a des paroles qui poussent et elle aimerait bien se cacher derrière les contradictions, celles qui disent qu’elle est moche et jolie en même temps.

Rien rien rien, les mains se figent, la barrière se créée entre le bas du corps et le haut, une grosse frontière, on n’avance plus, ça ne sert à rien, un deux trois soleil, le soleil dans l’œil, je ne vois plus rien, je cours autours de la cage à écureuil, je veux grimper tout en haut de la cage et tenter d’essayer d’attraper le soleil pour le foutre dans la flaque et laisser la lune perpétuellement en l’air, ce serait la nuit, tous les chats sont gris, ce serait la nuit et tout le monde serait silence et dodo et alors moi je pourrais aller marcher dans les rues, tranquille, comme une chauve souris, je volerais de branche en branche, il ferait frais et je pousserais des petits cris sonars qui résonnerait contre les immeubles et les maisons, contre les arbres, les tractopelles. Mes petits cris iraient raisonner dans des trous en spirale, comme ça et ressortirais comme des tiges d’acier en panache.

L’angoisse c’est l’amour, l’amour c’est l’angoisse, tout le monde en parle et personne ne peut le saisir, ou tout du moins on pense qu’on l’a attrapé et puis c’est un vieux bouquet de fleurs qui se fane et pourtant tu auras essayé la javel et le sucre dedans l’eau pour que ça dure toujours.

Un jour je reviendrais, je reviendrais avec des tumultes aussi bref que mes respirations quand j’ai le souffle coupé par l’angoisse et la peur. J’irais en haut de la montagne et je plongerais toute nue dans une grosse mer de permanence, et je deviendrais un gros rocher, un pic dans la mer et les gens voudront nager jusqu’à moi et me grimper dessus pour faire bronzette sur moi et ils seront heureux et les siècles passeront tranquille et moi je serais dans la mer comme ça, comme une grosse géante figée mais qui s’en fou parce-qu’elle ne se souvient de rien et que juste elle est stable et forte, même si elle s’érode un peu avec les éléments, elle s’en fou si elle se brise des fois et que des bouts tombe dans l’eau.

Y’a sûrement un petit bout qui deviendrait un poisson content. Une chimie que des gens étudieraient un jour.

Regarde ! Un petit foulard qui vole !

Le petit dernier vient de naitre

J’ai fini Bloody Hell!
Femmes Ancestrarbres, version augmentée 2016.
Limité à 20 exemplaires, couverture xylo, reliure à « l’accordéon », 22 pages, lecture double sens, entièrement façonné à la main.
20 euros (ils seront présenté au festival Culture Maison à Bruxelles le 9 septembre).

La sirène.
29,7×42 cm, encres, acrylique, crayons de couleur

Au boulot.
4 livres à sortir d’ici début septembre, pour le festival Culture Maison à Brux’Hell.
Ici, Femmes Ancestrarbres, la version 2016 augmentée (ne me demandez pas pour la première version j’en ai plus!).

Tôt’aime (VENDU/SOLD)

Illustration pour texte

A paraître sur papier

La salope

Tu parles que de la violence, tu parles que de la violence, tu parles que de la violence, pourquoi tu parles que de ça, pour quoi tu parles que de ça, pour quoi, pourquoi, pour-quoi, à quoi tu joues à quoi tu joues à quoi tu joues, je joues à rien, je ne sais pas faire autrement, j’en sais, rien, je divague, je me souviens, c’est comme ça que ça a toujours fonctionné chez nous, chez lui, chez eux et puis l’autre aussi et l’autre derrière qui n’en a pas l’air je t’assure, sans parler d’elle qui gueulait tout le temps et le grand final qui dérouillait par amour. Des fois je me lève le matin j’ai la rage, je m’énerve, je tape contre les murs, les murs dedans ma tête. Je grimpe dans ma tête, je grimpe par la petite échelle qui monte de ma chatte, en passant par le ventre, qui se fraye un petit chemin dans les organes, il pousse les intestins, le pancréas  et traverse dans le cœur trop gros, en bourrant le plexus solaire de bouts de coton en passant pour rigoler qu’est-ce qu’on se marre et provoquer les crises d’angoisse ; Enfin j’arrive à la tête, je fini en m’accrochant sur les bords de ma tête, en mode escalade Cliffhanger Sylvester Stallone la bouche de travers et j’arrive dedans et je tourne en rond, je tourne en rond et je racle les murs avec mes ongles et je donne des coups de pieds j’arrache des bouts et je fiche des coups de pieds, de poings, je crache contre les parois, je déteste ma tête, je déteste ma tête, je vous déteste, je me déteste, je les déteste, je déteste, je suis fatiguée de détester alors je déteste encore et encore, je hurle dedans comme une bête malade. Et surtout n’approche pas.

Il est où le petit lit dedans ma tête ? Avec la couette, je monterais dedans et puis je rabattrais la couette sur ma tête et puis il ferait chaud et noir et je ne verrais plus rien et ma tête arrêterait de cogiter comme une conne. Je ferais un gros dodo et je ne ferais de mal à rien, à personne.

Les bébés qui naissent ont besoin de caresses, les bébés qui naissent ont besoin d’intonations de voix gentils, les enfants qui grandissent ont besoin de câlins, les enfants qui grandissent ont besoin qu’on leurs parlent comme à des petits oiseaux fragiles. Et si on n’en a pas, on se démerde sans, on se balade avec son caddie et on ramasse n’importe quoi qui ressemble à un truc qui brille.

Et après qu’est ce qu’on devient, quand est-ce que ça vient ?

Le monde c’est de la merde, il explose, il tranche, il découpe en morceaux, il perce les hymens de force, les culs, la bouche, le libre arbitre, il bourre de coups de poing dans la gueule, il détruit tout, il détruit tout.

Pourquoi tu te plains tout va bien, regarde la télévision tout va bien, va acheter des vêtements de marques bariolées, tout va bien, va manger des machins, pendant qu’on tranche la gorge des animaux et des gens, tout va bien, tout va bien. Papote en terrasse de tes peines de cœurs et aussi du travail que tu aurais bien aimé faire et là y’a que des têtes de mort qui te répondent, y’a que des futures cadavres. Arrête de faire chier avec ta dépression, prend du bon temps, trouve toi un mec, pars à mer, achète toi des chaussures, dépêche toi de faire un enfant, tu vieillies.

Des flingues, des couteaux, des croix qui brûlent, des camions qui roulent sur les gens ou avec des gens dedans pour les déverser dans des trous, des trous énormes ou tout se décompose. La guerre et son industrie, les prisons et ses industries. « Machine » a fait une liposuccion, « Machin a fait un môme à Machine » et ils partent en vacances à la plage loin où y’a que de l’eau transparente et des requins, tes yeux dégouline de détresse mais tes sourcils sont tatoués, tu pourras sortir de l’eau avec tes beaux sourcils tatoués alors que tu as rasé les tiens parce-que tu ne les aime pas.

Les chairs, les organes, l’espoir, la vie elle-même, tout pourri au fond de la cuve.

« Un jour l’enfer sera rempli et les morts reviendront sur terre ».

Je ne dis pas, moi aussi j’ai dérouillé les autres, quand j’avais plus la force de m’en prendre à moi-même, sinon c’est simple j’aurais sauté du pont. Je les ai dérouillé, je les ai pris et retourné, j’ai cassé des gueules, des cœurs, des sourires, j’en ai mis des claques dans la gueule d’innocents, perverse et puis sadique, pour voir comment ça fait l’autre qui a mal à la place de toi pour changer. Genre je contrôle et je t’emmerde. Mais en fait ça sert à rien, de devenir méchante, ça fait mal surtout à toi, tu t’en fou de savoir que l’autre souffre, tout le monde souffre, laisse la vie faire, cette salope.