Exposition collective

Je participe à partir du 12 mars 2016 à une exposition collective en faveur de la lutte contre le cancer du sein.

Les bénéfices des ventes iront directement à une association de lutte.

Lancement

Vendredi c’est le lancement officiel du numéro 24 du Turkey Comix, dont j’ai la joie de faire la couverture Off and sex sous la jaquette linogravée déjà sexy. On boit des coups pour fêter ça chez Esprit Serendip à Paris. Venez donc, on se fera des câlins.

(https://www.facebook.com/events/1034732063235723/)

Je voudrais être un champ de fleurs pour que tu te couches en moi.

Le pot et le couvercle.

La naissance de la fille avait été une fête. Des médaillons et des bracelets en or avaient été acheté pour la circonstance, pour lui mettre autour du cou et de la main, pour lui dire merci d’être venue, qu’on était content. Les hommes tombaient dans les escaliers, les femmes pleuraient ou souriaient de toutes leurs dents entourées de rouge. Des cris perçants, des mains qui frappent entre elles, pour dire la joie et l’excitation du moment. La fille, petite, étaient source de joie, elle était contente, on lui montrait qu’on l’aimait bien, en lui tenant la main dans les balades, on la surveillait de loin par la fenêtre pour que rien de fâcheux ne lui arrive, on s’assurait qu’elle mange, qu’elle ait des jolis vêtements. Les vieux parents de ses parents, lui prodiguaient mille attentions pour lui montrer comme on était heureux qu’elle soit venue sur la terre après toutes ces choses complexes qui rendent l’existence dangereuse. Enfin on était tranquilles. La fille se souvient de tout ça, entre autre, en fumant sa cigarette, en regardant par la fenêtre. Comme les choses ont changé peu de temps après, un chiffre, un âge, la voiture qui embarque vers autre chose, une vie différente, avec du vide tout autour. Dans les gros livres écrits par des gens en robe qui traversaient des déserts de long en large pour trouver des réponses, on parle du Paradis. La fille avait connu le Paradis, pendant 7 ans. Ensuite, pour on ne sait qu’elle raison, elle est redescendu dans la cave, on lui a montré comme c’était agréable d’être aimée et choyée et puis après on lui a retiré, sûrement pour qu’elle passe son temps à courir après quelque choses pour maigrir, parce que depuis, la fille, elle avait grossi.                                                                                                                                                                                                                                                    La solitude.                                                                                                                                                                                                                                            La solitude c’est un truc pas sympa, une espèce de bête qui te course constamment et qui te coince contre les murs des villes, les bosquets des campagnes. Elle marche derrière toi et avec son doigt pleins d’os tranchants, te donne des petits coups dans l’épaule, pour que tu te souviennes tout le temps qui tu n’y arriveras jamais, que personne ne veut de toi. « Chaque pot trouve son couvercle » disait la mamie en travaillant la semoule. Elle avait l’air sûr d’elle, la fille y croyait à fond. Elle se demandait néanmoins, « mais je suis le pot ou bien le couvercle ? ». Déjà elle sentait que quelque chose clochait et que ce serait plus difficile que ce que la maman de sa maman disait. Quelque chose clochait, elle il pensait souvent, planquée dans des bouts de forêts approximatives, des tentes de lianes ou bien dans une cabane en pierre avec un lavoir dedans. Elle se cachait là, en écoutant l’eau couler et elle pensait.  Elle n’avait pas 10 ans. L’eau, ça deviendra son grand truc, la toucher, ou être dedans, la meilleur connexion possible. D’ailleurs à l’école elle l’a apprit, l’eau c’est un conducteur. Le conducteur de ses sens à sa tête. Comme ça aurait été facile d’être un poisson, la fille aurait fait partie d’un groupe qui nage ensemble. La vie, la vie la fille n’a jamais vraiment compris son sens, ça a toujours été un truc dément et absurde. Comme l’amour, être gracieuse, féminine, trouver un mari, un travail, être assimilée à une société, croire en quelque chose et prier dans ce sens. La fille, la fille n’a jamais compris pourquoi on lui a donné au début, un sens en l’aimant très fort et puis après quand elle a commencé à parler, qu’elle ressemblait de moins en moins à une poupée, pourquoi on lui a tout retiré. La solitude dans sa grosse bagnole, lui passait dessus, encore et encore, pour lui casser les os et faire en sorte qu’un jour elle se suicide.                                 Tu es une pute.                                                                                                                                                                                                                                   C’est logique le viol, tu es une pute.                                                                                                                                                                                              C’est logique qu’on t’insulte, tas de graisse, de conneries, de larmes.                                                                                                                                        Tu es une pute et maintenant essaie de trouver une bonne raison de continuer à faire quelques choses de ta vie.                                                          De pute.                                                                                                                                                                                                                                              Faire des études, se trouver de bons amis, trouver un travail, avoir un animal de compagnie, lire des livres qui parlent de cette salope de solitude, qui à priori s’en prend à beaucoup de gens. Être ivre, prendre des antidouleurs (c’est idiot, ça ne marche pas pour l’âme, mais au moins la fille dormait, ou faisait des trucs idiots sans vraiment être là), merci les gens qui ont inventé la drogue. Sûrement des gens aussi que la Solitude tançait constamment ou tout du moins qui avaient repéré que la vie c’était une forme d’arnaque. La fille a rencontré dans sa vie, des gens qui aussi avaient l’air de souffrir à cause de cette méchante madame qui te chuchote à l’oreille que tu n’en vaux pas la peine. Des couvercles, des pots, mais à priori, personne ne sait vraiment qui est le pot, qui est le couvercle. Alors on tourne en rond et on brise les pots, on jette les couvercles en hurlant et en montant sur les chaises en moulinant des bras. La Solitude elle rigole, elle voit les gens comme la fille, gesticuler et faire des dépressions, parce-que la solution n’est nulle part, ce serait tellement facile que quelqu’un arrive et prenne la fille dans ses bras et lui dise que tout va bien aller.

Dormir.

Travailler.

Rêver.

Chercher.

Espérer.

Manger.

Hurler.

Se faire mal.

Se laisser faire du mal.

Baiser

Se faire baiser.

Défoncer ta gueule à coup de poings.

Couche toi à terre, j’ai envie de te donner des coups de pieds dans ta tête.

La fille, regarde par la fenêtre, en fumant sa cigarette. On dit qu’elle est féministe, qu’elle est une femme forte, qu’elle est une femme libre, qu’elle a du talent et tout un tas de trucs qualificatifs. On lui a collé des étiquettes toute la vie, au moins ceux-là sont gentils, enfin elle ne sait pas trop. La fille est sûrement tout ça et rien à la fois. La fille aura payé cher pour devenir tout ça. Au fond, on aime bien les poupées qui ne parlent et ne pensent pas. Être jolie, posée sur une commode ou un lit et puis des fois on la tripote. Elle repense à cette histoire de pot et de couvercle. Peut-être bien qu’en fait depuis le début, elle est juste enfermée dans ce satané pot. Et la Solitude a serré fort pour que personne n’ouvre jamais ce satané pot, sûrement en rigolant de sa tête de mort.

« Je voulais juste être un champ de fleurs, qu’on vienne s’allonger en moi et sourire »

Flambe un peu, car dans le dernier Avorton, la revue pépite de Mathieu Desjardins le sérigraphe/artiste chevelu soyeux qui tue.

Pour Coeur Grenadine 3, le fanzine diabolique de Tarte Tatin.