La Méduse

La Goulue

Translation mécanique

Abandonné dans la lisière, tu fomentes un plan pour tout détruire.

Tu vois bien toi que tout est pourri dégueulasse, les corps morcelés s’entassent les uns sur les autres sans que tu ne puisses rien y faire. Tu ferais quoi d’abord ? Comment tu avouerais qu’au lieu de sauver les autres, tu voudrais te jeter dessus, devenir un cadavre qui se décompose et qui devient rien, poussière, bouillasse informe, les vers qui te bouffent le trou de balle. Tu trouves ça romantique la souffrance, les petits rictus de la mémoire, tu cherches et trouves n’importe quelle excuse pour ne pas à avoir à avoir, à faire, construire, sourire à la boulangère. C’est tellement facile de se poser un milliards de question et de ne pas se trouver assez fort pour décrocher le téléphone et dire que tu as mal et que tu voudrais qu’on te sauve. Tu rampes comme un chien blessé, tu descends chez l’épicier pour acheter la bière qui défonce, pourvu qu’il te reste 2/3 somnifères. Comme ça tu mélanges et tu te tartines de tristesse, c’est ça ta vie, du rock n roll sordide. Paul Remy ton pote le rosé qui mousse super vénère, le bouchon qui saute tout seul, vient la chéri on va faire l’amour et tu vas vomir en fin de soirée dans les chiottes, ta vie est minable, tu dégueules, tu dégueules tout. Tu reste bloqué comme un pantin, tu cherches toujours l’excuse pour ne pas assumer que tu voudrais bien toi aussi être amoureux et ressentir des trucs sympas. On m’a déjà fait mal, c’est trop méchant l’autre, il te met des baffes dans la gueule, c’est un singe qui a la rage, la rage sur toi, ce putain de venin inoculé y’a déjà quelques temps, mais toi t’aime bien te branler en y pensant. Je suis malheureux, ça va me faire jouir, c’est inconstant la destinée, c’est mieux de ne pas prendre de risque. C’est sûr le monde va mal, faudrait faire quelque chose pour aller le sauver, mais toi t’as déjà la flemme de sauver ton petit monde à la con qui se limite à un territoire coincé entre ton boulot, ta baraque et le supermarché. Des fois tu vas en terre inconnu, ou presque, tu vas dans les bars, tu regardes les gens, ils te débectent avec leurs sourires qui saignent. Ca va baiser tôt ou tard, la grande parade nuptiale de nuit, il va jouir dedans elle, elle va jouir en renversant sa tête, elle va faire des petits cris aigus et demain, le cours de la bourse reprend. Sans toi. Le monde n’en a rien à foutre de toi. Tu le sais, t’es au courant. Toi aussi t’en as rien à foutre de toi, tu donnes rien à toi, tu fais genre tu vis ta vie et puis en fait tu lui broie les couilles à ta vie, tu restes sur place, ça viendra bien à un moment.

Ça viendra bien à un moment que tu crèves.

Exposition à Bruxelles

En ce moment l’exposition/vente du coffret E-carré à l’atelier l’Appât à Bruxelles.

Sortie du nouveau Chambre Pâle chez Microlab  et je suis dedans!

Joie!