Le deuz deuz pour l’Xposition, pour X-Raison
(Concert et expo en avril au Cirque Electrique)

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La déclaration d’intention

Mélancolie inversée, cailloux dans la poche, chien-loup qui court, misère disparue, appareil de lumière à rayons- je te vise, sublime éternité, arbres qui tombent sous la tempête, fleuves qui débordent, incendie dans le  ciel, la nuit tombe, le soleil plonge dans la mer, les étoiles s’installent comme des petites danseuses années folles, la lune grimpe sur le rideau qui change de couleur, jusqu’au noir, bleu de Prusse, rien ne compte plus rien ne compte, je ne vois que tes yeux et tes mains et puis je vois ta voix de loin, je suis convaincue. Je vois ton énergie, vibration cœur corps qui se déploie, ma main dans tes cheveux, matière parfaite, merveille du monde, les couleurs que l’on a choisi, assise sur la montagne, je vois la vallée, tu es dedans et tu marches, tu le sais que je te vois, je te vois, assise sur un rocher, je t’observe, tu es paysage dans le paysage,  je te vois depuis tout le temps, je te cours après mentalement, tu ne me connais pas, mais tu sais qui je suis, je te cherchais et je t’ai vu dans la plaine, enfin.

Je suis la force et la fragilité, l’alpha et l’oméga avec une chatte et des seins et un trou entre les fesses,  j’ai un couteau, une hache, un glaive et un loup caché dans les entrailles, j’aime la lune, je me transforme avec elle, énorme pierre parfaite qui vole dans l’espace. Je suis capable de  poser les armes contre un objet fort et dur pour te caresser, te caresser le visage, ta verticalité, ton horizontalité, les rondeurs de ton âme, ma force destructrice est équivalente à la force d’amour dont je suis capable, je suis une force de la nature, j’ai une armée en moi, je suis une déesse qui va mourir un jour, j’ai surpassé les typhons et les catastrophes, j’ai plié comme le roseau, je me suis modelé comme le galet, le galet : le galet sur le bord du lac, que l’on fourre dans sa poche en prévision du moment on le balancera d’un revers de coude et de doigts, le galet sautillera gaiement à surface de l’eau et faire un petit plongeon final, dans une certaine allégresse propre à la pierre.

J’ai rêvé de toi, j’étais en toi et tu entrais en moi, avec ton sexe et ta bouche, tes doigts accrochés à mes hanches, spectatrice endormie et pourtant j’étais investie dans chacune de tes cellules, mes paupières sursautées, rétine qui s’ouvre et se rétracte, sommeil paradoxal, bouts d’os articulés, chairs compilées et attachées les unes aux autres, le sang qui coule dans les rigoles, jusqu’à ta tête, ton corps et le bout de tes lèvres. Là, j’ai su que tu m’avais entendu, la main en coque de noix, près de ton oreille, tu as sursauté quand tu m’as entendu te chuchoter à l’oreille que j’étais arrivé.

Les mains ouvertes, je recueille la pluie qui tombe du ciel sur ma peau, j’ouvre mes pores, ma viande vivante, ma bidoche qui jouit, mon gras qui vibre,  elle dégouline sur les pointes de mes seins, ma chute, mes reins, entre les cuisses épaisses, je suis un vallon, des petits ruisseaux que l’on appellent désir, je ne vois que toi et tes membres, ton squelette, tes rêveries, ceux qui te protègent du dehors, personne ne viendra t’ouvrir en deux, à part moi, mais je viendrais me lover en toi  et je te confierais tout près du cœur  mes secrets, je n’aurais rien à te dire, des particules, des milliers de petits fils de soie chargés d’impulsions électriques tout autour de chacun de tes organes, je te prendrais du dedans, tu comprendras ce que tu sais déjà. La main fermée sur la pierre. Monstre bienveillant, mutante tendre.

Je te prendrais la main, sûrement, gentiment, je connais la valeur de la douleur, des tristesses et des abandons et qu’il faut être douce avec un animal sauvage. Je prendrais soin de toi, un genou à terre, ou debout, ou couchée, les bras en l’air en arcade inversée et emprisonner le soleil et t’offrir les lunes d’un coup de hanche, les satellites, les glaciers du ciel et de la terre.

Ne vois-tu pas que j’ai survécu pour aller à ta rencontre. Mélodie que je fredonne dans les landes.